La F1 la tête hors de l'eau

O. d.W.

La ville de Budapest ne sera inondée ni par la pluie ni par le public

ENVOYÉ SPÉCIAL EN HONGRIE OLIVIER DE WILDE

BUDAPEST La courte trêve estivale est tombée à point nommé. Le Grand Prix de Hongrie n'aurait, en effet, pas pu être organisé une semaine plus tôt. Les intempéries inondant le coeur de l'Europe ont aussi sévi à l'Est. Et si l'on a évité ici la catastrophe comme à Prague, les Magyars ont tout de même passé le week-end dernier sous le déluge. Nettement plus brun que bleu, le Danube n'a jamais réellement menacé de déborder mais, par mesure de précaution, les autorités locales ont interdit toute circulation fluviale. Et McLaren a déplacé le bateau sur lequel l'écurie reçoit ses invités.

Situé à une vingtaine de kilomètres de la capitale, le fond de la cuvette du Hungaroring où se disputera dimanche la 13e manche du Championnat du Monde de F 1 était encore sous eau en début de semaine. Mais, depuis lundi, les vannes célestes se sont fermées et les pompiers ont sorti leurs gros tuyaux pour que les pilotes n'aient pas ce matin à franchir un gué. Même la chaleur, moite avec 28 degrés sous un ciel nuageux, est revenue, séchant la piste et épongeant le front perlé de sueur d'organisateurs toujours inquiets.

Si les prévisions météorologiques sont bonnes pour dimanche - il n'a jamais plu lors de cette course depuis la première édition en 1986 -, avec un retour du soleil prévu pour le week-end, celles de l'affluence s'annoncent nettement moins optimistes. Selon des sources locales, on n'aurait vendu que 40.000 tickets en prévente. En cause: le mauvais temps, des tarifs toujours prohibitifs pour une population locale relativement pauvre et peu férue de F 1 (Zsolt Baumgartner sera dimanche le premier Hongrois à piloter une F 1 dans le cadre d'un GP lors d'une démonstration aux commandes d'une Jordan EJ 12), la retraite de Mika Hakkinen drainant chaque année quelques charters de supporters finlandais, mais surtout l'absence de tout enjeu aux championnats. Champion pour la 4e fois ici même voici douze mois, Michael Schumacher n'a cette fois pas attendu le seul rendez-vous de l'Est pour être sacré, permettant à ses fans de modifier leurs plans de vacances.

Pas de doute, sans suspense au menu, la F 1 ne fait plus recette. Même dans les pays les plus concernés. En France, les audiences du dernier GP d'Allemagne ont chuté de près de 30%. En Italie, la RAI a perdu 630.000 téléspectateurs par rapport à l'an dernier. Même en Allemagne, le 62e succès de Schumi n'a été suivi que par 9 millions de personnes, soit 2,25 millions de moins qu'en 2001. L'archidomination d'une seule marque et surtout d'un seul pilote laisse des traces...

`Vous allez en Hongrie? Pour assister à un nouveau succès de Schumacher?´ nous a interrogé, durant le petit break passé dans le sud de la France, une arrière- grand-mère de 84 ans suivant tous les GP à la télévision depuis plus de trente ans. `Mes fils m'ont donné la passion. Mais depuis deux saisons, je m'endors devant mon petit écran. C'est dommage que ce soit toujours le même qui gagne. Il n'y a plus de suspense. A l'époque de Senna et de Prost, il y avait plus de sport, de rivalité. Aujourd'hui, la F 1 est plus monotone, non?´

Difficile de prétendre le contraire à la sage mamita qui sera néanmoins devant son poste dimanche à 14h. En espérant qu'un nouveau GP ronronnant ne la condamne pas à une petite sieste. Heureusement pour Bernie Ecclestone, grand GO de la F 1, le spectateur qui dort (et donc ne zappe pas) est toujours comptabilisé...

© Les Sports 2002

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