Fisichella: ''Pas content de ma carrière''

O. d.W.
Fisichella: ''Pas content de ma carrière''
©EPA

L'Italien Giancarlo Fisichella est K.-O. moralement

BUDAPEST Moins de quinze jours avant son crash de Magny- Cours, c'est un Giancarlo Fisichella déjà fortement abattu moralement que nous avions rencontré à Silver- stone où sa Jordan s'élançait en queue de peloton. Si l'intérimaire Mika Salo (107 GP) n'avait été forcé d'offrir sa victoire à Hockenheim voici trois ans à son équipier Eddie Irvine, le Romain détiendrait actuellement un bien triste record: celui du pilote en activité ayant disputé le plus grand nombre de GP (103) sans jamais s'imposer. Un manque de succès commençant à peser sur les épaules du petit Italien considéré comme l'un des plus sérieux espoirs de sa génération lorsqu'il débuta en F 1 chez Minardi en 1996. Et dès la saison suivante, après être monté sur la plus haute marche du podium (la dernière fois) à Francorchamps après sa victoire en compagnie de Vincent Radermecker sur la Peugeot 406 Procar, Fisico terminait à la 2e place de son premier GP de Belgique aux commandes de la Jordan Peugeot. `La meilleure monoplace que j'ai conduite jusqu'à ce jour!´ confie-t-il avec un brin d'amertume. Un premier accessit qu'il réédita à trois reprises au cours des quatre années suivantes passées chez Benetton. Insuffisant pour un jeune pilote aujourd'hui âgé de 29 ans dont l'unique but est de gagner et de devenir champion du monde. `Si je devais tirer mon bilan maintenant, il est clair que je ne suis pas content de ma carrière. Je n'ai encore jamais piloté une bonne voiture en F 1, ni eu les possibilités de montrer l'étendue de mon talent. C'est frustrant.´

Pour concrétiser ses prétentions, il devrait être intégré dans un des trois top teams. Mais ce ne sera, malheureusement pour lui, pas encore pour 2003. `McLaren-Mercedes a resigné ses deux pilotes. Il en sera logiquement de même pour Williams-BMW. Et depuis l'Autriche, on sait que Barrichello restera au moins chez Ferrari jusque fin 2004.´

Une nouvelle déchirant le coeur du tifosi, 9e du championnat avec six points. `J'espérais avoir ma chance chez les Rouges. On m'avait dit peut-être, bientôt. Ce fut une déception d'entendre que Barrichello avait resigné pour deux ans. Cela reporte tous mes espoirs à 2005.´

Hormis un petit essai de deux heures lors de ses débuts, Fisichella n'a jamais reçu le moindre soutien de son écurie nationale. Et la presse transalpine ne semble pas trop pressée de revoir un Italien monter sur le Cheval Cabré. `J'ignore pour quelles raisons, se désole-t-il. Pourtant je suis copain avec Michael. Peut-être suis-je plus fort que lui au foot...´

Le quintuple champion du monde se souvient sans doute qu'à ses débuts Giancarlo devança assez facilement son équipier, un certain Ralf Schumacher. Et se dit à juste titre que traiter un pilote italien comme il le fit avec Barrichello en Autriche provoquerait encore un plus gros scandale. Du coup, Fisichella doit encore attendre, faire la queue avec une Jordan-Honda sur la pente descendante, avec la crainte que son tour soit déjà passé. `Même avec des évolutions, on ne jouera toujours que les petits points derrière les trois grands. Changer d'écurie? Que reste-t-il? Sauber n'est pas mieux. Posséder un moteur Ferrari n'est pas suffisant. Pilote d'essai au sein de la Scuderia ? Seulement si j'étais certain de pouvoir courir en 2005. Le Cart? Non merci.´

A vrai dire, sans doute est-il déjà trop tard. Son expérience et son coup de volant ne font pas assez le poids face à la fraîcheur de garçons comme Raikkonen, Button, Massa, Alonso ou Montoya. Et si Trulli peut encore espérer chez Renault, Fisico doit lui être convaincu de faire partie d'une nouvelle génération italienne sacrifiée par Ferrari.

© Les Sports 2002

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