Toyota - Pasquali: `Un point trop tôt...´

O. d.W.

Pasquali et Toyota auraient préféré marquer plus tard

FRANCORCHAMPS Même si les performances de Salo et McNish sont en dents de scie, même si leur courbe de progression n'est plus franchement ascendante, Toyota n'a pas raté son entrée en F 1. Pour sa première saison, l'équipe d'Ove Andersson a d'ores et déjà atteint ses objectifs: prendre ses marques, se qualifier (les deux monoplaces ont toujours été sur la grille) et apprendre sans jamais être ridicule. Avec en bonus un premier point marqué dès... le premier Grand Prix! `Sans doute un peu trop tôt, estime avec le recul Ange Pasquali, le team-manager de la formation basée à Cologne. `On a eu de la chance, profité de circonstances exceptionnelles à Melbourne. Sur le moment, on était tous très heureux de cette entrée en matière. Mais après cela nous a mis une pression inutile. On a d'emblée mis la barre si haut qu'après on avait du mal à se réjouir d'une 10e place. Si nous avions terminé 17e en Australie, nous n'aurions pas été déçus. Sincèrement, j'aurais préféré inscrire un point à Budapest...´

Car dès le retour en Europe, il s'est assez vite avéré que la monoplace japonaise n'était pas spécialement bien née.

`Il y a deux problèmes de base. Tout d'abord, notre auto est trop nerveuse ce qui se ressent dès que nos pilotes escaladent les vibreurs. Ensuite, elle manque d'appui. On est donc obligé de la charger en ailerons ce qui ne nous permet pas d'exploiter toute la puissance de notre excellent moteur et nous fait user plus de pneus. Enfin, l'important est toujours de comprendre pourquoi cela ne va pas. C'est ainsi qu'on progresse.´

Et comme cela qu'on construira pour 2003 une F 1 plus performante.

`Le problème ne vient pas des pilotes, confirme le motoriste Norbert Kreyer. Même Michael Schumacher ne gagnerait pas avec notre voiture. Ni de l'argent. Contrairement à ce que certaines personnes veulent faire croire, nos budgets ne sont pas illimités. Un peu plus de fonds nous permettrait certes d'avancer encore plus vite, mais pas de jouer la victoire. Il faudra encore 4 ou 5 ans avant de pouvoir s'imposer. Ce qui nous manque le plus c'est l'expérience de la F 1.´

Leur expérience de l'endurance et du Mans pourrait pourtant les aider à développer pour 2004 un moteur devant tenir 800 km au lieu des 300 km actuels.

`Le problème est qu'aucun motoriste ne veut de cette règle limitant le nombre de moteur à un par voiture et par week-end. Et qu'on ne parvient pas à fixer ses limites. Cela ne réduira en tout cas en rien les coûts car son développement fera qu'il coûtera le double. Et il faudra toujours développer des moteurs de 300 bornes au cas où on casse lors des essais et qu'on doit partir dix places en arrière sur la grille. C'est ridicule. Le bon compromis serait d'arriver à deux moteurs par week-end au lieu de trois habituellement aujourd'hui.´

© Les Sports 2002

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