Eric Boullier : “Jérôme a rempli sa mission”

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Eric Boullier : “Jérôme a rempli sa mission”
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Selon Éric Boullier, patron de Gravity Management et de Lotus Renault GP

Quel bilan tirez-vous de la première saison F1 de Jérôme ? A-t-il, pour vous, rempli sa mission ?

“À l’aube du dernier GP où je suis certain qu’il va se battre pour finir la saison sur une bonne note, le bilan est très positif. Ses résultats ont été excellents au regard du niveau de sa voiture. Il a réussi à soutenir la comparaison face à un équipier redoutable et avec une expérience certaine. L’important pour lui était d’emmagasiner un maximum d’expérience. Votre compatriote a très rapidement su s’adapter à sa nouvelle vie de pilote de F1 et, surtout, il a directement pu apporter un précieux feedback technique à ses ingénieurs. Avant le Brésil, il possède les deux meilleures performances annuelles de son team en course avec deux 14es places. Il est devenu un pilote de F1 plus complet, avec un respect gagné sur la piste comme en dehors. Il a complètement rempli sa mission.”

Quelle a été pour vous sa plus belle course ?

“Outre le fait qu’il s’agit de son meilleur résultat, le GP du Canada fut, pour moi, une très belle preuve de la mentalité de Jérôme et sa réelle volonté à toute épreuve. En effet, il avait fortement endommagé sa voiture le vendredi et a passé son samedi à tenter de retrouver les bons réglages. Tous les ingrédients étaient réunis pour qu’il vive une course difficile et, malgré les conditions apocalyptiques qui ont fait craquer plus d’un pilote, il a fait une course impeccable et d’une grande intelligence. Je soulignerai aussi que Jérôme a fini 15 courses sur 18. Cela n’a pas de prix pour une équipe souhaitant évoluer de pouvoir compter sur des pilotes qui terminent leurs courses et leur rapportent un feedback primordial.”

N’avez-vous pas été déçu du niveau de compétitivité de la Virgin ?

“Il est clair que nous espérions que les performances fussent meilleures lors de la signature du contrat de Jérôme fin 2010. Mais la F1 n’est pas une science exacte et un travail monumental d’une équipe peut parfois ne déboucher que sur une amélioration très limitée. L’évolution la plus notoire aura tout de même été la fiabilité, ce qui est capital pour leurs futures évolutions. Cette équipe est encore très jeune en F1. Il faut lui laisser un peu plus de temps.”

Comment expliquez-vous qu’aujourd’hui, la majorité des pilotes de Formule 1 doivent payer d’une manière ou d’une autre leur volant ?

“La base reste un talent certain permettant aux pilotes de s’approcher de la F1. Maintenant, il est clair que ce sport mécanique d’élite coûte cher. Il est impossible pour les équipes de survivre sans de solides partenaires commerciaux. L’apport de nouveaux sponsors par l’intermédiaire des pilotes semble dans la logique des choses. L’argent seul ne permet pas de devenir pilote de F1, mais il est clair que les équipes d’aujourd’hui se doivent aussi de penser en termes d’opportunités de marchés. C´est la raison pour laquelle c’est une chance unique pour la Belgique d’avoir un représentant en F1. Il ne semble pas que ce message soit encore bien compris dans vos cercles d’affaires. La Formule 1 est une opportunité unique pour votre petit pays de faire parler de lui dans le monde entier. Pourquoi ne pas utiliser Jérôme comme ambassadeur aux quatre coins du monde ?”



© La Dernière Heure 2011

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