D'Ambrosio : “Je me donne un 16 ou 17 sur 20”

Interview > Olivier de Wilde

Notre pilote de F1 tire avant l’heure le bilan de sa première saison

INTERLAGOS À la veille de son 19e et dernier GP 2011, Jérôme D’Ambrosio fait avec nous le bilan de sa première saison de F1 au sein de la modeste écurie Marussia-Virgin.

Jérôme, quel bilan tirez-vous de cette campagne quasi écoulée ?

“Positif, bien sûr. Je me sens bien meilleur qu’il y a douze mois. J’ai beaucoup appris. Il y a eu des hauts et des bas, mais en tant que débutant, c’est inévitable. J’ai réalisé de très bonnes performances en course en me montrant plus irrégulier en qualifications.”

N’avez-vous pas été déçu par le faible niveau de performances de votre monoplace, à cinq ou six secondes au tour des plus rapides ?

“Si, bien sûr. On espérait être plus proches du reste du peloton. On ne s’attendait pas à porter à nouveau la lanterne rouge. Mais dès les premiers essais hivernaux, on a compris que l’année serait dure.”

Votre réelle place cette année, à la régulière, c’était 22e, derrière Glock et devant les deux HRT ?

“Non, en course, je dirais plutôt 21e, devant mon équipier. On a quasiment fait jeu égal. Sauf que j’ai ramené, en Australie et au Canada, à deux reprises le meilleur résultat de l’écurie avec deux 14es places. D’ailleurs, au classement officiel du Championnat, je suis devant Timo.”

Mais derrière Liuzzi…

“C’est vrai qu’il a décroché une fois une 13e place. On a mieux démarré l’année qu’HRT, mais à partir du moment où on s’est séparé de Nick Wirth et que l’écurie a signé un partenariat avec McLaren, on a commencé à travailler pour le futur, 2012. Tandis que chez HRT, ils ont continué à évoluer. Ils nous ont rattrapés. En fin d’année, ils étaient régulièrement plus rapides que nous sur un tour parce qu’ils faisaient mieux fonctionner leurs pneus que nous.”

Quelle a été votre plus belle course ?

“Je ne citerais pas les deux où j’ai signé le meilleur résultat brut. Je dirais plutôt le GP de Singapour. Un bon départ, un excellent premier tour où j’ai doublé Timo et des bagarres avec Senna, Maldonado, Alguersuari, Kovalainen.”

Et la pire ?

“Bah! le GP d’Italie où je suis tombé en panne dans le tour de chauffe et n’ai bouclé qu’un tour.”

Quand avez-vous été le plus énervé ?

“À l’arrivée du GP du Japon. J’avais disputé un super GP, tout le temps devant Glock et lors du dernier ravitaillement, la stratégie et un mauvais pitstop ont fait qu’il est repassé devant dans les stands. Je râlais sec.”

Le moment où vous vous êtes senti le plus ridicule ?

“En Hongrie, lorsque j’ai effectué un tête-à-queue dans la pitlane. J’ai fermé les yeux et je me suis dit : ce n’est pas vrai, tu n’es pas à l’envers dans les stands. J’avais le sentiment d’avoir commis une faute stupide, mais le team m’a consolé en me disant après la course que cela glissait anormalement.”

Votre plus grosse frayeur ?

“La Malaisie, quand ma suspension a lâché à pleine vitesse. J’ai été surpris. Vous n’avez plus aucun contrôle et vous vous demandez où cela va s’arrêter.”

La plus belle image, le meilleur moment de cette saison ?

“Peut-être la parade lors du GP de Belgique. Être pilote de F1, à Francorchamps, devant des milliers de supporters, cela mêle beaucoup d’émotions.”

Au final, si vous étiez professeur, quelle note donneriez-vous à l’élève D’Ambrosio ?

“Un seize ou dix-sept sur vingt. J’ai fait une belle saison, mais il y a toujours moyen de s’améliorer.”

Avec quelle remarque ?

“Bonne année d’apprentissage, mais doit encore progresser en communication avec les médias...”

© La Dernière Heure 2011

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