Alonso : “On va souffrir”

Olivier de Wilde

La Ferrari F2012 n’est, pour l’instant, pas à la hauteur des ambitions de la Scuderia

MELBOURNE Le championnat n’a pas encore démarré et c’est déjà la crise à Maranello.

Dépassés l’an dernier par une monoplace peu innovante et une mauvaise adaptation du système de diffuseur soufflé, les ingénieurs de Ferrari ont vite eu pour mission de plancher sur la F1 2012.

Sous la direction cette fois de Pat Fry, débauché chez McLaren, leur seule mission était de concevoir une auto capable d’aller rechercher un titre leur échappant depuis 2007.

Mais cette fois, les créateurs du dernier carrosse au Cheval Cabré semblent tombés dans l’excès inverse. Ils sont peut-être allés trop loin en fabriquant une F1 trop complexe.

En douze jours d’essais hivernaux, à Jerez puis à Barcelone, ils n’ont en tout cas pas vraiment réussi à en comprendre le mode d’emploi.

“Je suis clairement déçu par notre niveau de performances. On n’est pas prêts” , avoue Pat Fry, le papa de cette F1 2012. “Il nous reste encore énormément de travail. On a beaucoup de choses à tester ici à Melbourne.”

En attendant, les Rouges vont tenter de limiter les dégâts.

Encore une année de perdue pour Fernando Alonso que son manager, Flavio Briatore, surnomme le Messi de la F1. Tout en ajoutant récemment : “Mais si vous ne lui donnez pas une bonne voiture, il ne peut rien faire.”

Le pilote espagnol en est conscient : l’accouchement de la F2012 a été pénible. “On va souffrir lors des premiers GP”, confesse-t-il. “Notre nouvelle monture a des caractéristiques difficiles à comprendre. Nous ne sommes pas exactement là où nous voudrions.”

Et comme tout s’est resserré au sommet de la hiérarchie, les Ferrari risquent de terminer loin du podium. “Les gens parlent beaucoup, mais personne ne connaît vraiment la vérité” , temporise toutefois le meneur de jeu de la Scuderia . “Il y a deux ans, nous étions cinquièmes des essais hivernaux, ce qui ne nous a pas empêchés de signer le doublé lors du premier GP à Bahreïn. Il faut donc continuer à y croire. Ne pas paniquer ni se laisser distraire et se concentrer sur notre travail.”

En tentant tout de même de ramener le plus d’infos et de points possibles des deux premiers GP s’enchaînant à une semaine d’intervalle : “Ce qu’il nous manque le plus, c’est du roulage.”

À l’époque de leurs derniers sacres, les pilotes d’essais de Ferrari limaient durant tout l’hiver leur piste privée de Fiorano. Aujourd’hui, les règlements et les méthodes pour développer une F1 ont évolué. Et force est de constater que la Scuderia ne dispose sans doute pas des meil-leurs outils (soufflerie, simulateur). Et le résultat s’en ressent sur la piste. “Enfin, ce qui compte, ce n’est pas d’être premier à la fin de la première course mais bien à la fin du Championnat”, pousse encore un Alonso qui sait pourtant très bien que le temps et les points perdus en F1 ne se rattrapent jamais.



© La Dernière Heure 2012

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