Iceman veut garder la position de Lotus

Olivier de Wilde

Le leader du Championnat retrouve la piste où il a gagné son premier GP en 2003

BRUXELLES Véritable marque de fabrique de la majorité des Nordiques, la froideur est bien l’un des principaux traits de caractère de Kimi Raikkonen. Pour ceux qui ne le connaissent pas, celui que Ron Dennis avait justement rebaptisé Iceman à l’époque de ses débuts chez McLaren n’est pas un grand comique.

Un manque total d’expression dont il joue adroitement. Son équipe et ses partenaires aussi. Il suffit de voir la dernière pub diffusée par Renault pour sa Mégane ou la vente de ces T-shirts avec son désormais célèbre “Laissez-moi tranquille, je sais ce que j’ai à faire” , lancé par radio à son ingénieur alors qu’il venait de prendre la tête à Abou Dhabi l’an dernier.

Un sang particulièrement froid, un certain détachement, qui peuvent parfois donner l’impression de je-m’en-foutisme. Mais ce n’est pas du tout le cas. Kimi est un travailleur, un pilote motivé commettant très peu d’erreurs, s’accrochant très rarement et exploitant 100 % du matériel mis à sa disposition. Sans se mettre de pression.

Pas question du coup d’en faire le grand favori de cette saison : “C’est bien de se retrouver en tête du Championnat, mais nous n’avons disputé qu’une seule course. On en est bien sûr heureux, mais il reste énormément de travail pour remporter le titre. Dès lors, ne nous emballons pas. Il ne servirait à rien de sauter au plafond. Pour l’instant, je n’ai pas encore fait mieux que l’an dernier (NdlR : il l’avait emporté à Abou Dhabi). Une victoire, c’est une victoire, peu importe quand on la remporte, en début, milieu ou fin de saison. Ce que l’on veut maintenant, c’est pouvoir pointer devant partout.”

Les pieds bien sur terre, le jeune divorcé sait que le plus important sera de tenir la distance, de monter régulièrement sur les podiums même si ce n’est pas toujours sur la plus haute marche :

“Le développement en cours de saison compte beaucoup en F1. Si vous n’évoluez pas constamment, vous régressez. Un détail peut avoir un impact important. Deux ou trois choses mal faites peuvent vous faire vite dégringoler quand le peloton est aussi serré. Le budget reste le nerf de la guerre. Et ce n’est pas un mystère que Lotus possède moins de moyens financiers que Red Bull, Ferrari ou Mercedes. Il nous faudrait un peu plus de sponsors...”

Le résultat du dernier week-end pourrait attirer de nouveaux annonceurs. En attendant, cinq jours seulement après Melbourne, l’écurie d’Enstone étrennera, aujourd’hui en Malaisie, un nouvel échappement expérimental et un nouvel aileron. Assez pour permettre à Kimi de fêter dignement le dixième anniversaire du premier de ses vingt succès en F1, ici même en 2003 avec McLaren ?

“Je n’oublierai certainement jamais cette première” , confie le leader du Mondial. “Ce n’est pas pour autant ma piste fétiche même si c’est un bon endroit pour courir. J’ai gagné à trois reprises ici, mais j’ai aussi fait de très mauvaises courses. C’est très différent de Melbourne. Il y a des virages rapides et très lents. Le climat est équatorial avec une chaleur étouffante mais aussi de gros risques d’orages tropicaux en fin de journée. On doit se préparer à cette possibilité de pluie.”

Le lézard Raikkonen ne s’enflamme donc pas. Mais garder son sang-froid est un atout de plus dans l’enfer de Sepang où le zen Iceman tentera de conserver la position du Lotus : la première...



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