Vettel-Webber : “L’incident est clos”

Olivier de Wilde
Vettel-Webber : “L’incident est clos”
©AP

Trois semaines après le clash de Sepang,les deux pilotes se retrouvent ce jeudi

SHANGHAI Plus commentée de par le monde que l’élection surprise du pape François, la désobéissance de Sebastian Vettel, venu voler, en Malaisie, la victoire à son équipier Mark Webber, a participé à la popularité de la F1. Le grand public et la presse se délectent des rivalités exacerbées et de ce genre d’histoire digne de Michel Vaillant. Avec, cette fois, le triple champion allemand dans le rôle du méchant Steve Warson.

L’annonce par certains médias de la suspension de Vettel pour ne pas avoir respecté les consignes était bien un poisson d’avril. Hormis un gros doigt (pas le même que celui que lui a adressé vulgairement Webber en course), Baby Schumi n’a reçu aucune sanction interne. Que du contraire, après discussions et réflexion, Christian Horner, le patron du team Red Bull, a même pris la défense de son protégé. “Alonso, Hamilton et même Webber auraient agi de la même manière à sa place. Ces pilotes ont la victoire dans le sang.”

Pas sûr que l’Australien a apprécié cette déclaration du boss britannique ajoutant : “Ils ne vont certes pas passer le prochain Noël ensemble, mais mes deux pilotes sont de grands professionnels. Sebastian a présenté des excuses publiques et privées à chaque membre de l’équipe. Mark et lui ont fini par se serrer la main. Pour nous, l’incident est clos.”

Même Bernie Ecclestone qui avait condamné le geste du n°1 mondial, craignant un retour de bâton, s’est lui aussi calmé. “À la place d’Horner, je n’aurais pas puni mon pilote non plus. Je lui demanderais simplement à l’avenir d’éviter de me faire passer pour un imbécile.”

Mais soyons sûrs que cette page-là ne se tournera pas sans laisser de trace : “Que valent les excuses de Sebastian aux yeux du team et de Webber ?” souligne l’ex-champion du monde Damon Hill. “Quand il n’y a plus de confiance mutuelle entre deux équipiers, cela peut vite devenir destructeur.”

Nul doute que le jeune Allemand a mal évalué la portée de sa rebellion, l’effet très néfaste sur son image. “Cela mettra du temps avant qu’il ne mérite à nouveau respect et confiance !” a déclaré Alan Webber, le papa toujours présent de Mark confiant : “Dietrich Mateschitz, le big boss de Red Bull, a envoyé un SMS à mon fils lui confirmant son soutien. La majorité du team a été très déçue.”

Si les deux équipiers, bien briefés avant de se retrouver aujourd’hui dans le paddock de Shanghai, feront certainement semblant de rien, qu’en sera-t-il lorsqu’ils se retrouveront confrontés en piste ? Webber aura-t-il l’esprit revanchard ? Vettel tentera-t-il de se racheter en offrant un éventuel succès à celui qu’il considère comme son assistant comme l’avait fait Michael Schumacher envers Rubens Barrichello à Indianapolis après le scandale de l’Autriche ? Le clash finira-t-il en crash ?

Les suites de la lutte interne entre deux hommes ne se respectant profondément plus (quoi qu’ils en disent) constituera assurément l’un des attraits de ce troisième rendez-vous de la saison. Une rivalité amusant les pilotes Ferrari, McLaren, Mercedes ou Lotus qui tous espèrent, bien sûr, en tirer profit. Alors, incident vraiment clos ? On n’y croit pas vraiment…

© La Dernière Heure 2013

Tous les résultats de la Formule1 en live

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...