Red-Bull-Renault : divorce en vue

Dietrich Mateschitz est, sans doute, allé trop loin dans ses critiques.

Olivier De Wilde
Infiniti Red Bull Racing's Australian driver Daniel Ricciardo drives at the Red Bull Ring in Spielberg on June 19, 2015 during the first practice session of the Austrian Formula One Grand Prix. AFP PHOTO / SAMUEL KUBANI
Infiniti Red Bull Racing's Australian driver Daniel Ricciardo drives at the Red Bull Ring in Spielberg on June 19, 2015 during the first practice session of the Austrian Formula One Grand Prix. AFP PHOTO / SAMUEL KUBANI ©AFP

Dietrich Mateschitz est, sans doute, allé trop loin dans ses critiques. Alors qu’une énième réunion de crise entre l’écurie et son motoriste est programmée jeudi, la séparation entre le team autrichien et le grand constructeur français paraît désormais inéluctable. Après avoir récolté huit titres mondiaux (quatre pilotes et autant de marques) ensemble entre 2010 et 2013, Red Bull et Renault, encore sous contrat jusqu’à fin 2016, sont certainement en train de mettre un terme à une fructueuse collaboration tournant mal depuis l’arrivée du V6 Turbo.

Une nouvelle réglementation qu’a clairement mal anticipée la marque au Losange qui nous avait habitués à mieux par le passé. Mais si les hommes de Cyril Abiteboul savent relativiser, garder leur calme et avoir une vision sur le long terme, ce n’est apparemment pas le cas des dirigeants de Red Bull, arrivistes en F1 ne supportant pas les défaites successives.

En 2014, l’association Red Bull-Renault avait pourtant encore bien limité les dégâts avec les trois premières victoires de Daniel Ricciardo et la place de vice-champions du monde. Mais cette année, la crise est plus profonde. Le manque de fiabilité est venu s’ajouter au déficit de performances. Résultat : pas un succès, même pas encore un petit podium et des abandons et pénalités à répétition pour Daniel Ricciardo et Daniil Kvyat. Deux pilotes déjà condamnés à s’élancer en fond de grille, ce dimanche en Autriche, puisqu’ils écoperont de dix places de recul sur la grille suite au montage d’un cinquième bloc propulseur.

Devant leur public, sur leur circuit, Red Bull et Toro Rosso ne pourront faire que de la figuration face à Mercedes et Ferrari. C’en est trop pour le grand patron milliardaire Dietrich Mateschitz qui a incendié son partenaire motoriste à qui il fait endosser toute la responsabilité de ses récents échecs. Leur mariage était apparemment uniquement pour le meilleur. Pas pour le pire…

"En plus de nous faire perdre notre temps et notre argent, Renault a détruit notre joie et notre motivation d’être en F1", a balancé Mateschitz. "Aucun pilote et aucun châssis ne peuvent compenser le déficit de puissance auquel nous devons faire face. Nous serons doublement pénalisés au départ de notre Grand Prix national."

Dégoûté, le boss de Red Bull a atteint le point de non-retour. Car même si Renault garantit une évolution notoire en cours de saison sans toutefois de possibilité de gagner avant 2016, on imagine mal la collaboration se prolonger après des critiques publiques aussi inacceptables. Red Bull et Renault devraient se séparer prochainement et quitter tous les deux la F1. Car on imagine mal Renault racheter Toro Rosso voire Lotus. Et l’on se demande bien, si ce n’est Audi (Ecclestone fait le forcing…), avec quel moteur Red Bull pourrait rebondir…

L’écurie à l’origine la plus fun du paddock ne l’est plus. La défaite a un goût amer quand on a été habitué à gagner trop facilement. Red Bull pourrait donner des ailes à d’autres disciplines. Et pourquoi pas l’endurance ? Parti en éclaireur, Mark Webber, 2e des dernières 24H du Mans sous les couleurs Red Bull, s’y plaît en tout cas bien…

"Une perte de 20 millions"

Conseiller de l’écurie autrichienne, Helmut Marko souligne que la perte de crédit liée au manque de résultats aura aussi un gros impact économique pour Red Bull. "Si nous restons quatrièmes du championnat constructeurs, ce qui n’est même pas sûr avec Lotus et Force India aux basques, nous perdrons de surcroît 20 millions par rapport à l’an dernier" , estime l’œil avisé autrichien.

À ce tarif-là, cela fait encore plus réfléchir… "Il y a bien un contrat concernant notre participation en Formule 1 jusqu’en 2020, mais vous ne pouvez pas retenir quelqu’un s’il veut vraiment partir", a rajouté Mateschitz. "Quant à la possibilité d’équiper nos monoplaces de moteur Ferrari voire même Mercedes, vous pouvez l’oublier. On ne devient pas champion du monde en étant de simples clients…"

Tous les résultats de la Formule1 en live

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be