Otmar Szafnauer: "Alonso a choisi l'argent, Piastri pourrait encore rouler pour nous"

Nous avons eu l'occasion de discuter avec le directeur sportif du team Alpine F1

Otmar Szafnauer: "Alonso a choisi l'argent, Piastri pourrait encore rouler pour nous"
©LPR RIXHON-RENARD

Vendredi soir, à l'initiative de Renault Belgique, nous avons eu l'occasion de partager l'apéritif avec Otmar Szafnauer, le directeur sportif du team Alpine F1.

Otmar, le départ surprise de Fernando Alonso est tout de même un sacré désaveu. Cela donne l'impression qu'il ne croit plus à votre projet...

"Ce n'est pourtant pas la réalité. Que feriez-vous si on vous proposait le double d'argent pour faire le même boulot ailleurs ? Fernando sait, comme nous, qu'Alpine ne sera pas encore en mesure de gagner des GP en 2023. Et nous ne lui proposions qu'un contrat d'un an renouvelable chaque année vu son âge. D'un autre côté, Aston Martin ne jouera probablement pas la victoire non plus mais on lui a proposé beaucoup plus d'argent et un contrat longue durée. Cela n'a donc rien à voir avec notre projet. Le but est de gagner en 2025, mais il ne sera vraisemblablement plus en F1."

N'est-ce pas une revanche de Lawrence Stroll à votre égard vu que vous êtes parti de son équipe l'an dernier (avec son principal sponsor BWT) ?

"Je ne crois pas non."

Toute cette histoire a dû gâcher vos vacances ?

"Vacances ? Quelles vacances ? Vous parlez, je n'ai pas arrêter de recevoir des coups de fils ou des emails. Quatorze pilotes m'ont contacté et se sont portés candidats pour la place de Fernando."

Oscar Piastri est absent ce week-end. Où en êtes vous avec lui ?

"On attend la décision du bureau de reconnaissance des contrats, normalement ce lundi. Pour nous, nous avions un contrat en bonne et due forme. Mais au-delà, c'est surtout une énorme déception humaine. Je lui faisais confiance. On avait un accord oral."

Pouvez-vous imaginer, si vous obtenez gain de cause, faire rouler le jeune Australien contre son gré ?

"Pourquoi pas ? Cela a déjà le cas par le passé avec Jenson Button qui avait signé un contrat avec Williams alors qu'il était déjà lié à BAR. Et finalement le Britannique a dû rester dans l'écurie de David Richards."

Nous connaissons bien Oscar depuis l'époque du karting. C'est un chouette gamin. Ce « Tweet », cette façon de faire, ce n'est pas lui. Il est sous l'influence de son management...

"Peut-être, mais c'est lui qui a choisi Mark Webber comme manager..."

Pourriez-vous prendre comme remplaçant un pilote remercié par une autre écurie ? (ndlr : on pensait en posant cette question à Daniel Ricciardo ou Mick Schumacher)

"Oui car les besoins d'un team ne sont pas ceux de l'autre. Une monoplace n'est pas l'autre non plus."

Considérez vous encore Nico Hulkenberg qui a souvent roulé pour vous, comme titulaire ou intérimaire, comme une solution pour l'avenir ?

"A court terme, sur une saison, avec son expérience, cela pourrait encore être une bonne solution, oui. Même si je sais qu'il n'est encore jamais monté sur un podium..."

Alpine peut-elle se distinguer ce week-end ?

"Je crois oui. Esteban a connu un souci de transmission hier et sera pénalisé sur la grille. Mais nous devrions être nettement plus dans le coup ce samedi et avec tous les pilotes rétrogradés Fernando devrait pouvoir partir parmi les premiers. Le but est en tout cas de garder notre quatrième place au championnat constructeurs."

Que vous manque-t-il pour rejoindre enfin les trois écuries de pointe et redevenir un team capable de gagner des courses à la régulière ?

"Du personnel avec suffisamment d'expertise. On a les budgets qui sont désormais limités. On a les outils. Il faut juste maintenant mettre les bonnes personnes aux bonnes places. Je suis occupé à réorganiser tout cela. Si on me laisse embaucher le personnel que je souhaite, on sera à nouveau devant dans deux ou trois ans maximum."

Heureux de conserver Francorchamps au calendrier ?

"Clairement. C'est une piste que j'adore, légitime. Mon circuit préféré avec Suzuka. Je n'aime juste pas votre petit crachin. Ce serait bien s'il faisait 36 degrés. Mais quand il en fait la moitié, ce n'est pas très agréable et cela nous empêche de bien travailler."

Et l'Américain de nous faire santé. Au fait préfère-t-il le vin australien ou français ?

"Français !"

Il lui laisse sans doute moins un goût amer en bouche...

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be