Des paroles qui ne font pas que des heureux.

Le patron de l'écurie McLaren, Ron Dennis, a jugé "embarrassantes" les déclarations de son pilote Fernando Alonso sur la puissance insuffisante de son moteur Honda, dimanche pendant le GP du Japon.

"J'ai un moteur de GP2", a dit Alonso sur sa radio de bord, alors qu'il venait de se faire dépasser par le jeune Max Verstappen (Toro Rosso), 17 ans, équipé d'un moteur Renault. Il a terminé 11e et son coéquipier Jenson Button 16e, sur les terres de Honda.

"Fernando a fait part de sa frustration mais ces commentaires étaient inutiles. Ce n'était pas très constructif", a estimé Dennis, interrogé en exclusivité par Martin Brundle, son ancien pilote devenu consultant de la BBC.

"Nous sommes ici au Japon, à Suzuka, sur le circuit à domicile de Honda, en compagnie du pdg, du président exécutif de Honda Motorsport, du directeur R&D (Recherche et Développement), les trois personnes les plus importantes (de Honda), totalement engagées pour gagner un titre mondial. Leur courbe prend beaucoup plus de temps que ce qu'ils avaient anticipé, mais leurs aspirations et leur engagement n'ont pas diminué", a ajouté le patron de McLaren.

"Nous sommes des partenaires solides, nous allons prendre notre mal en patience, comme une courbe d'apprentissage, c'est la seule manière pour remporter un titre mondial. Si vous n'êtes pas engagés avec un moteur de premier plan, vous ne gagnez pas de championnat du monde", a insisté Dennis, pour qui les déclarations d'Alonso sont "source d'embarras".

Le patron historique de McLaren a avoué avoir "du mal à me souvenir d'une pire situation, mais nous n'avons pas oublié comment gagner. Nous sommes restreints dans ce que nous pouvons faire en soufflerie ou sur le moteur. Si vous ne partez pas du bon pied, il est difficile de sortir du trou. Avec ces règles, il est plus difficile de développer une voiture ou de corriger des choses. Il faut être très inventif. L'expérience fait mal mais nous allons faire le boulot, avec Honda", a-t-il assuré.

Quant aux contrats de ses deux champions du monde, Dennis n'a pas prévu de les résilier: "Jenson a un contrat de deux ans (jusqu'à fin 2016) et Fernando un contrat de trois ans (jusqu'à fin 2017). C'est aussi simple que ça. J'ai dit à Jenson jeudi, peut-être un tard, que je n'ai pas l'intention de mettre un terme à son contrat. Il sera avec nous en 2016 et il est ravi. Nous apprenons beaucoup en ce moment mais 2016 sera une meilleure année", a-t-il conclu.