Le pilote McLaren gagne et revient à trois points de Lewis Hamilton

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MONZA L'esprit revanchard, le beau chevalier blanc Fernando Alonso, seul contre tous, même au sein de son équipe, a dominé d'un bout à l'autre ce 13e rendez-vous de la saison disputé dans une ambiance pour le moins tendue.

Après avoir assumé la responsabilité de ses révélations à la FIA, provoquant un nouveau Conseil mondial jeudi prochain et, peut-être, une grosse perte pour son écurie (rien que le titre constructeurs rapporte 70 millions), le double champion du monde a coiffé son casque, enfoncé la pédale d'accélérateur et décroché un succès indiscutable. De vendredi à dimanche, des essais libres à la course en passant par une qualification courue avec une monoplace pourtant un peu plus chargée en carburant, l'Espagnol s'est toujours montré le plus rapide : "Un week-end parfait pour moi", s'exclamait-il à l'issue de cette 19e victoire, la 4e cette saison après avoir mené la course de bout en bout. "Je n'étais encore jamais monté sur la plus haute marche du podium à Monza, devant cette impressionnante foule. Un sentiment prenant. Les tifosi sont supporters de Ferrari mais surtout fans de F1. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir."

Un bonheur pas partagé hier avec son écurie. Pour la première fois de sa carrière, le héros du jour ne s'est pas déporté vers la droite une fois la ligne franchie pour saluer son équipe : "C'est trop dangereux ici. J'aurais déplacé trop d'air...", souriait un Espagnol évitant après l'arrivée de serrer la main à un Ron Dennis venu, comme Lewis Hamilton d'ail- leurs, sportivement le congratuler.

Lors de la conférence de presse, alors que son équipier confirma sa confiance dans le team qui lui a permis d'éclore et dans le verdict du Conseil mondial, Alonso se désolidarisa également quelque peu des siens. "Il faudra attendre jeudi pour savoir... Mais pour moi, tous les problèmes autour ne gâcheraient pas un 3 e titre. Le championnat constructeurs m'a toujours moins intéressé."

Et Nano de revenir sur un duel s'annonçant de plus en plus serré avec son jeune équipier : "À Magny-Cours, je pointais à 14 unités. Je suis maintenant revenu à 3. Il reste quatre courses et je veux encore toutes les gagner. La couronne est plus que jamais mon objectif. Je suis habitué à ce type de combats. Face à Kimi en 2005 puis à Michael l'an dernier."

Assis à sa droite, Hamilton sent désormais le souffle chaud de son équipier dans le cou. Mais le rookie britannique ne veut pas se laisser impressionner. Battu de 37 millièmes aux essais, le Britannique de 22 ans n'a jamais été réellement en mesure d'attaquer l'autre McLaren-Mercedes en Italie, si ce n'est au premier freinage. "Je m'élançais sur la partie sale de la piste. Massa m'a passé au départ, mais je lui ai refait l'extérieur au premier freinage. Je pensais même pouvoir tenter quelque chose sur Fernando mais la Ferrari m'a légèrement déstabilisé en touchant mon pneu arrière."

Lors du premier relais, les deux monoplaces grises ne se lâchèrent pas. "J'ai, hélas, rencontré des vibrations avec mon 2 e train de pneus. Eh puis Fernando a eu de la chance dans le trafic. Kimi m'a doublé lorsque j'ai avancé mon 2 e arrêt, mais je l'ai repassé au prix d'un freinage audacieux." Une superbe manoeuvre. Imparable. "J'avais besoin de ces deux points de plus. Ici Fernando était très fort. Mais en Turquie, c'est moi qui étais plus vite. Ce sera la bagarre jusqu'au bout."



© La Dernière Heure 2007