Barrichello: «Pas question de m'effacer»

Formule 1

D. St.

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Barrichello: <i>«Pas question de m'effacer»</i>
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Mis sur la sellette chez Ferrari, Rubens Barrichello a la rage sur un tracé où il s'imposa en 2002

NÜRBURGRING L'Allemagne est un peu son porte-bonheur. Des cinq succès qu'il compte à ce jour en F 1, Rubens Barrichello en a, en effet, décroché deux dans ces contrées. La première remonte au 30 juillet 2000 à Hockenheim et elle fut à vrai dire dantesque: parti de la... 18e place sur la grille, Rubinho profita d'une piste détrempée pour gagner position sur position avant de triompher devant Mika Hakkinen. La deuxième, elle, date tout simplement du GP d'Europe disputé ici même l'an dernier. Une victoire qui survint trois GP seulement après le pénible épisode de Spielberg, lorsqu'il dut s'effacer pour laisser gagner son équipier. "Il y a un an, un peu à l'instar de ce que j'ai connu ce vendredi, je n'avais pas réalisé une superbe séance qualificative, bouclant celle-ci en 4e position, mais mon premier tour en course fut, lui, exceptionnel, se souvient le pilote brésilien. Au terme de la première ronde, j'occupais la tête du GP et je ne l'ai plus cédée."

Todt ne l'a pas épargné...

Un nouveau succès ce dimanche au Nürburgring aurait le don de remettre Barrichello au point sur le plan mental, ce qui ne semble pas être trop le cas pour l'instant. Qu'on se le dise: le Carioca souffre quelque part du contrat de... méfiance dont il fait l'objet au sein de la Scuderia. Un exemple? A ceux qui lui demandaient pourquoi dans la foulée de celui de Michael Schumacher, le bail de Rubens Barrichello n'avait pas été lui aussi renouvelé, Jean Todt répondit de manière sèche avant le GP du Canada: "C'est nous qui choisissons le moment pour discuter contrat avec le pilote, pas l'inverse, avant d'ajouter: la différence entre Rubens et Michael saute aux yeux de tous et elle n'est pas liée au matériel dont bénéficient nos deux pilotes puisqu'il est rigoureusement identique." Une assertion qui a, soyons-en sûrs, dû faire plaisir à Rubinho...

Encore sous contrat en 2004, le Brésilien pourrait voir, selon Radio Paddock, son séjour être écourté à la fin de l'actuelle campagne. D'aucuns signalent l'intronisation dès l'an prochain de son compatriote Felipe Massa (actuellement pilote-essayeur) au poste de second pilote. "Je n'ai que faire de ce genre de supputations, réplique Barrichello. Il reste encore une demi-saison et mon objectif minimum est de finir comme l'an passé, c'est-à-dire avec le titre de vice-champion du monde en poche."

Pour ce faire, il faudrait qu'il freine moins tard qu'à Montréal il y a quinze jours lorsqu'il heurta l'arrière de la Renault d'Alonso au premier virage et dut rentrer dare-dare au stand pour faire changer son museau. "C'est vrai, sur ce coup-là, je plaide coupable. Mais on fera le bilan en fin de saison et, d'ici là, beaucoup de choses peuvent encore changer. En tout cas, il n'est pas question, aujourd'hui, que je me fasse mettre de côté en course pour favoriser Michael. Avec le règlement actuel, le vent de la chance peut vite tourner. Et puis, cette année, mon équipier ne sera pas sacré dès le GP de France comme en 2002. Ensuite, tant les Williams-BMW que les McLaren-Mercedes nous sont assez proches en performance pure. Il peut donc y en avoir encore pour tous les goûts."

A condition d'éviter celui de l'amertume...

© Les Sports 2003

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