Sur le départ pour 2022, Ross Brawn pourrait quitter la Formule 1 sur une dernière mesure-choc : interdire aux patrons des écuries de pouvoir directement parler par radio au directeur de course lors des Grands Prix la saison prochaine.

Les conversations radiophoniques rendues audibles pour les spectateurs sont devenues monnaie courante pendant la campagne 2021, notamment au cours de trois des quatre dernières courses de l'année au Brésil, en Arabie saoudite et à Abu Dhabi.

Le week-end dernier, à la suite d'un incident entre Max Verstappen et Lewis Hamilton au premier tour où le Britannique avait coupé généreusement la chicane du virage 7, Jonathan Wheatley, directeur sportif du Red Bull, pensait que Hamilton aurait dû donner la place, Masi n'étant pas de cet avis. Les derniers tours furent également très houleux quand Toto Wolff a exhorté, en vain, de ne pas sortir la Safety Car, Christian Horner, team principal de Red Bull, faisant ensuite pression pour que la course soit relancée et que les voitures figurant entre Hamilton et Verstappen se dédoublent. De quoi entraîner le courroux de Wolff quand il a compris que le titre échappait à son pilote, Masi lui répondant sèchement sous la pression : "Toto, c'est la course !".

Brawn, responsable du volet sport automobile de la Formule 1, est mécontent que les patrons d'équipe tentent d'influencer Masi et veut que la ligne de communication entre la direction de course et les teams soit coupée en 2022.

"Nous arrêterons ce genre de contact l'année prochaine", a déclaré Brawn, interrogé par Auto Motor und Sport. "Il est inacceptable que les patrons d'équipe mettent Michael sous une telle pression pendant la course. C'est comme si les entraîneurs négociaient avec l'arbitre pendant un match de football. Toto ne peut pas exiger que la voiture de sécurité ne soit pas déployée et Christian ne peut pas ordonner que les voitures retardataires s'écartent. Ces décisions sont à la discrétion du directeur de course".

"Ce sont des aspects qu’il faudra aborder et revoir pour la saison prochaine. Le Grand Prix a été très intense, mais toutes ces protestations, réclamations et jeux d'influence ont quelque peu éclipsé le tout", a conclu l’ancien ingénieur de Benetton, Ferrari et Mercedes.

En espérant que la proposition de Brawn soit inscrite dans le marbre pour 2022 parce que laisser ces jeux d'influence se produire est la porte ouverte à tous les excès.