Grand Prix d'Allemagne

Coup de froid pour Brawn, mais la tension monte aussi chez Red Bull

envoyé spécial en ALLEMAGNE OLIVIER de WILDE

NÜRBURG Le vétéran brésilien Rubens Barrichello (37 ans), pilote comptant le plus de GP à son compteur, a, pour la deu-xième fois de la saison, laissé transparaître sa frustration à l'arrivée du GP d'Allemagne.

Deuxième sur la grille, en tête durant le premier quart de la course, le second pilote Brawn ne comptant encore aucune victoire cette année était forcément très déçu de finir au 6e rang, derrière son équipier Jenson Button lequel l'a passé à la faveur de son dernier ravitaillement, à neuf tours du damier.

Sa colère était toutefois exagérée. Certes, un souci au niveau du tuyau de remplissage lors de son deuxième arrêt (l'équipe a dû prendre celui de réserve) lui a sans doute coûté la troisième marche du podium et non pas la victoire. Mais peut-on blâmer son équipe pour cela ? Ou pire encore soupçonner que ce problème ait été intentionnel afin de permettre à Button de passer Rubinho et ainsi marquer un point de plus.

Brawn a-t-il ruiné délibérément les chances de Barrichello (et abandonné un podium et de plus gros points constructeurs) afin de favoriser Button ? Le scénario nous paraît vraiment trop machiavélique, même si, en F1, tout est possible.

Barrichello semblait, lui, en tout cas croire à un coup monté.

Une chose semble certaine : s'il était aussi déçu et furieux, c'est clairement parce que Rubens a compris au Nürburgring qu'il ne serait sans doute jamais champion du monde. Ces dernières illusions se sont envolées. Vingt-quatre points derrière son équipier à huit GP du terme de la saison, il devra désormais se cantonner au rôle de numéro 2 dont il prétend ne pas vouloir mais lui collant à la peau depuis l'époque Ferrari/Schumacher.

D'ailleurs, Jenson Button l'a implicitement insinué en déclarant : "Je suis content que Webber ait gagné. Car si cela avait été Vettel, cela aurait été un désastre. Chez Red Bull, ils continuent à se prendre des points l'un l'autre, ce qui fait bien mes affaires."

Sous-entendu : chez nous, cela ne se passe pas comme cela.

Il est évidemment plus facile de favoriser un pilote quand il est à 24 unités de son équipier que lorsqu'un petit point et demi sépare les deux hommes.



© La Dernière Heure 2009