Quelques enseignements du premier GP 2004

ENVOYÉ SPÉCIAL EN AUSTRALIE DANIEL STRIANI

MELBOURNE Des essais libres du vendredi matin à l'arrivée de la course dimanche après midi, le premier GP de la saison a vécu sous le signe de l'outrageante domination de Michael Schumacher et de sa Ferrari F 2004. D'aucuns estiment d'ores et déjà qu'on va vivre un remake de la saison 2002 lorsque le pilote allemand remporta le titre, son cinquième à l'époque, dès le 21 juillet, au GP de France, qui constituait alors la onzième course de la saison. Sans prédire une mainmise similaire dans les semaines et les mois à venir, voyons les différents enseignements qu'on peut tirer après Melbourne, en évoquant aussi certains nouveaux points du règlement.

Michael Schumacher motivé

Il faut croire que le sixième titre mondial remporté plus difficilement que les précédents l'an dernier a vraiment renforcé le degré de motivation de Michael Schumacher. Comme prévu, Schumi a toujours autant soif de succès et de records. Le fait de rouler pour le compte de Ferrari, dit-il, suffit à le stimuler toujours au maximum. Au sortir de l'Albert Park, ce constat ne fait pas un pli. Le bonhomme domine toujours avec la même aisance son sujet.

Une F 2004 hyperperformante

Le nouveau bijou sorti de Maranello a tout pour séduire. L'an dernier, c'était sans la nouvelle monoplace (la F 2003-GA) que Ferrari s'était présenté à Melbourne. Cette fois, la dernière-née a fait un malheur d'emblée. Elle est flanquée d'un moteur dont la fiabilité est le maître mot. En outre, on n'a pas chômé chez Bridgestone cet hiver pour solutionner certains problèmes qui ont accablé le package voiture-pneus l'été dernier quand les GP se disputèrent sous une forte chaleur. Sur ce dernier point, néanmoins, le GP de Malaisie nous éclairera peut-être davantage. Rasséréné par sa prolongation de contrat jusqu'en 2006, Rubens Barrichello risque de faire très mal lui aussi. Enfin, la Scuderia a manifestement bien mieux négocié l'arrivée des nouveaux règlements qu'en 2003.

McLaren et Williams: K.-O.

Le premier week-end d'ouverture s'est révélé catastrophique pour McLaren-Mercedes. La MP 4/19, qui a longtemps été attendue l'an dernier sans jamais rouler en GP, n'a impressionné personne à Melbourne. En outre, Kimi Raikkonen fut le premier pilote à être lâché par le moteur unique, son Mercedes rendant l'âme après neuf tours avant-hier. Il y a du pain sur la planche pour Ron Dennis et ses acolytes. La situation semble être moins dramatique chez Williams-BMW, sur le plan purement statistique (Ralf Schumacher et Juan-Pablo Montoya ont terminé 4e et 5e), même si ça ne rigole pas beaucoup plus. Les deux pilotes se plaignent d'un équilibre précaire et d'un package voiture-pneus assez moyen. Le museau révolutionnaire de la FW 26 doit donc encore faire ses preuves. Mais sera-ce le cas avant qu'il ne soit trop tard?

Des qualifications à revoir!

Un mot, enfin, sur le nouveau système de qualifications. Avec deux séances séparées de deux minutes le samedi après midi, tout le monde se fiche de la première, forcément la moins importante et durant laquel- le peu de gens se donnent à fond pour ne pas casser éventuellement le seul moteur du week-end ou encore la monoplace. Bref, les membres de la Commission F 1 n'ont pas été des plus inspirés avec cette trouvaille et les mêmes s'en mordent déjà les mains aujourd'hui. Mais ne pouvaient-ils pas le prévoir bien avant Melbourne? Il a fallu 110 minutes, soit plus que la durée d'un match de football, pour établir la grille de départ. Ce n'est pas débile, mais presque! Pour s'en tenir à un exemple pratique: qu'en sera-t-il à Francorchamps s'il devait pleuvoir et sur un tracé plus long?

© Les Sports 2004