L'édito de Philippe Janssens


Ainsi donc, après une longue journée d'audience et de délibérations dans leurs salons parisiens, les 26 sages du Conseil mondial de la FIA ont décidé de sanctionner l'écurie McLaren-Mercedes d'une amende de 100 millions de dollars (72 millions d'euros) ainsi qu'à la perte de tous les points récoltés par l'équipe depuis le début de cette saison 2007 pour le compte du Championnat du Monde des constructeurs.

Décidément, en F1, plus encore que dans n'importe quel autre sport, tout n'est donc qu'affaire d'argent. Et si, au décompte final, l'écurie aux Flèches... d'Argent ne déboursera que 40 millions de dollars (28 millions d'euros), déduction faite de ses gains accumulés jusqu'à présent, l'amende demeure salée et la sanction, bien trop... commerciale.

Car hormis pour le portefeuille de Ron Dennis, la décision prise hier par les éminences grises du Conseil mondial arrange parfaitement le business de la F1. Dans sa grande clémence, la FIA permet, comme promis, aux pilotes de disputer jusqu'au bout leur titre mondial, entretenant le suspense et garantissant le spectacle sportif... et économique d'une saison disputée à couteaux tirés entre Hamilton, Alonso, Raikkonen et Massa.

"Nous allons assister à une décision juste..." avait lancé, hier matin, Bernie Ecclestone en débarquant place de la Concorde. Une fois de plus, le potentat des pistes a réussi à régler le problème sportif à son avantage... financier. De l'argent pour lui (FOM) et la FIA, McLaren chargé de revoir sa copie la plus chère de l'histoire, le titre constructeurs (et les 70 millions d'euros à la clé) pour Ferrari et la suite du spectacle assuré. Il ne pouvait rêver meilleure issue. À ce prix, il aurait même été ingrat de ne pas réserver une table pour 26, hier soir, pour un festin à la Tour... d'argent.



© La Dernière Heure 2007