Il sera capital de partir devant à Monza pour le prochain GP d’Italie.

Alors qu’ils ont clairement demandé à leurs pilotes, après la Hongrie, de ne plus laver leur linge sale en public, les dirigeants de Mercedes n’ont, eux-mêmes, pas pu retenir leur frustration, dimanche à Francorchamps, de voir ainsi un doublé bêtement s’envoler dès le 2e tour de course. Et tant Toto Wolff que Niki Lauda ont fustigé Nico Rosberg en se lançant dans des déclarations tapageuses avant même d’avoir entendu la version de leurs pilotes : "Ce qui est arrivé est incroyable et totalement inacceptable", a répété, à plusieurs reprises, à chaud, le directeur sportif de Mercedes F1 Team. "On les a jusqu’ici laissés se battre avec pour seule consigne de ne pas s’accrocher. On pensait que c’étaient de grands garçons et qu’on pouvait leur faire confiance…"

Mais leur rivalité exacerbée s’est terminée par un accroc qu’on sentait venir depuis un petit bout de temps. Une stupide petite touchette (on ne peut vraiment pas parler d’un gros crash volontaire) aux grandes conséquences pour les deux Flèches brisées. Avec le leader Lewis Hamilton se présentant comme la victime (il a effectivement perdu de gros points) et le fautif Nico Rosberg s’en tirant finalement très bien en empochant dix-huit unités de plus que son seul adversaire dans la course pour le titre.

"Les pilotes en ont discuté après la course et ne sont clairement pas d’accord", a confié Toto Wolff. "Nico ne l’a évidemment pas fait exprès, mais il aurait aussi bien pu éviter ce clash. Cela ne peut plus arriver. C’est stupide de perdre des victoires ainsi. Dans le dernier tour, je pourrais encore comprendre mais dans le deuxième, c’est absurde. Cela ne se produira plus."

Que peut-on déduire de cette dernière affirmation ? Que les consignes seront dorénavant plus précises et plus claires. Et que les deux pilotes risquent de ne plus pouvoir se chamailler sur la piste. La firme à l’étoile pourrait décider à l’avenir que le pilote devant aux essais ou au premier freinage ne pourrait plus être attaqué. Et que celui de Nico ou de Lewis qui pointerait en tête à l’issue du premier, deuxième ou troisième pitstop (selon les stratégies) aurait gagné la course.

En empêchant les combats rapprochés, Mercedes tuerait, hélas! le seul suspense et intérêt du Championnat. Car ne rêvons pas d’un retour de Red Bull et du souriant Daniel Ricciardo. Mercedes, Rosberg et Hamilton bénéficient encore d’une très belle avance, tant en points qu’en vitesse, et il n’y a aucune raison pour les Allemands de paniquer.

Avec 29 unités de retard désormais alors qu’il en reste 200 à distribuer, Hamilton ne doit par contre pas encore craindre de devoir se mettre au service de son équipier. Au sein de son team dimanche, on avait plutôt l’impression que tout le monde était contre Rosberg. Ce n’est pas encore demain qu’on verra Hamilton s’effacer pour laisser passer Rosberg. Le Britannique luttera tant que ce sera mathématiquement possible. Et on a bien vu à Budapest ce qu’il faisait des ordres du team quand on lui demanda par radio de laisser passer Nico.

La fin de saison s’annonce donc électrique entre les deux frères ennemis de Mercedes. Et on a vraiment hâte de vivre le prochain épisode, dans dix jours à Monza.