Dennis-Alonso : le clash

Formule 1

O. d.W.

Publié le

Dennis-Alonso : le clash
© AP

L'Espagnol pourrait rester avec Mercedes


Le classement du championnat du monde

MONZA Ron Dennis va-t-il devoir payer une surprime à Fernando Alonso ? Clamant son innocence, le coeur sur la main, voici deux mois, lorsque l'affaire d'espionnage éclata, le patron de McLaren-Mercedes, aujourd'hui directement inculpé, avait promis de collaborer avec la FIA et la justice. Plaidant la bonne foi, le boss était même allé jusqu'à promettre une prime à toute personne apportant des éléments neufs permettant d'éclaircir cette sombre histoire. Mais on doute qu'il ait récompensé la semaine dernière son pilote espagnol pour avoir obéi à l'ordre - la menace même - du président Max Mosley en lui envoyant sa correspondance...

"J'ai agi en mon âme et conscience, en professionnel et sportif honnête. Mon but n'est pas de nuire à quiconque, certainement pas à mon équipe. Mais je suis pour la vérité dans ce procès opposant Ferrari à McLaren et dans lequel les pilotes n'ont rien à voir," s'est défendu le double champion du monde, accusé d'avoir trahi son team en transférant un e-mail dans lequel il est clairement fait allusion à certains secrets de réglages de Ferrari. Une information que ne pouvait évidemment pas ignorer un Dennis à qui la police locale vint remettre samedi un "avis de garantie" lui signalant qu'il faisait partie des sept accusés de fraude et d'espionnage industriel dans l'enquête, parallèle à celle de la FIA, du parquet de Modène.

Au coeur de la tourmente secouant tel un typhon une F1 vivant pourtant sa plus belle saison sportive depuis 20 ans, Fernando Alonso, candidat à un troisième titre mondial consécutif, ignore toujours de quoi sera fait son avenir. Son juteux (20 millions par saison) contrat de trois ans est en béton armé. Mais le verdict du Conseil Mondial de jeudi pourrait lui ouvrir une brèche.

En cas, de plus en plus probable, de condamnation de McLaren, une clause de nuisance à son image lui permettra de s'en aller s'il le souhaite. "De toute manière, je n'obligerai jamais un pilote de rouler pour moi s'il n'en a pas envie, " a déclaré Ron Dennis. Entre le chef britannique et l'Ibère, déçu de son statut, le clash est devenu quasi inévitable. Les deux hommes ne travailleront plus ensemble en 2008. Mais la question est de savoir si Ron sera encore à la tête de McLaren l'an prochain.

En début d'année déjà, on murmurait que ce serait sa dernière saison. Les récents événements ne peuvent certainement qu'accentuer ses pensées de retraite. Dans le paddock, il se murmure que Mercedes, pas très heureux que Ron et Mansour Ojjeh aient vendu chacun 15 % de leurs parts à des amis arabes, pourrait aussi profiter de cette tornade pour se séparer de McLaren après 12 ans de collaboration. Et créer son propre team, 100 % Mercedes. Sur base de l'écurie McLaren si celle-ci est privée de championnat en 2008 ou pire se retire de la compétition. Voire avec David Richards (Prodrive a obtenu une 12e entrée en F1), en première ligne cependant pour récupérer McLaren, Mercedes et Lewis Hamilton l'an prochain si celle tournait mal.

Tout cela, bien sûr, avec l'aval de Dennis. Et sans Alonso...

.

Vos articles Sports

Newsletter Sports+

Fil info