Pourquoi la 2ème saison de la série Netflix sur la F1 est un must à ne louper sous aucun prétexte...

Le 28 février était un jour particulièrement attendu par les fans de sports mécaniques. Alors que les essais hivernaux de Formule 1 touchaient à leur fin, Netflix diffusait enfin la deuxième saison de "Drive to Survive". Au vu des retours particulièrement enthousiastes sur le premier opus, nous piaffions d'impatience à l'idée de découvrir ce deuxième acte dont les caméras du média au N rouge vont là où les autres ne vont pas. Et nous n'avons pas été déçus...

Découpée en dix épisodes, la série retrace les moments forts et les coulisses de la saison 2019 de Formule 1. Alors que la saison 1 avait été critiquée pour n'avoir suivi qu'une poignée d'écuries, la saison 2 suit (presque) tout le monde, dont Mercedes et Ferrari qui avaient brillé par leur absence autrefois. "Drive to Survive" se caractérise par son format anachronique: plutôt que de suivre l'ordre des Grands Prix du calendrier, chaque épisode se focalise sur un (ou plusieurs) pilote(s) ou sur une (ou plusieurs) écurie(s) autour d'un thème bien précis. Cela signifie qu'on peut subitement passer du Grand Prix d'Australie à celui de Grande-Bretagne puis refaire un rétropédalage vers les essais hivernaux. Ce principe peut dérouter au début, surtout pour ceux qui n'ont pas vu la première saison, mais il permet de mieux romancer la série et on finit par s'y faire. Au final, chaque épisode se boit comme du petit lait.

L'argument-massue de "Drive to Survive" est évidemment son contenu ultra-exclusif. Au diable, la Formule 1 ultra-lissée ! A grands coups de témoignages parfois agrémentés de documents d'archives, on découvre les acteurs du championnat sous un autre jour : leurs joies, leurs faiblesses, leurs angoisses, leurs doutes, leurs blessures secrètes, leur soif de réussir à tout prix,... Vous ne verrez plus jamais un pilote ou un patron d'équipe de la même façon après avoir vu cette série. Netflix s'est aventuré côté cour mais aussi côté jardin en captant des moments de vie quand les acteurs du Circus ne sont pas sur les circuits. Et lors des rares fois où les caméras ont trouvé porte close, les réalisateurs ont toujours pris soin de laisser les micros ouverts, ce qui permet d'être témoin de scènes parfois très houleuses. On est à mille lieues de l'image très "langue de bois" sans cesse renvoyée par le microcosme des paddocks.

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Digne d'une production hollywoodienne, cette série nous fait passer par toutes les émotions. On rit à gorge déployée devant le langage fleuri de Günther Steiner, on serre les dents en voyant le sort de Pierre Gasly chez Red Bull se sceller inéluctablement, on verse une larme devant l'hommage poignant mais respectueux rendu à Anthoine Hubert. Autre point positif, le rendu visuel et sonore des épisodes. Tourné en ultra-haute définition avec une qualité sonore mettant l'accent sur chaque petit bruit pour augmenter l'intensité dramatique, le travail de l'équipe de James Gay-Rees est remarquable. On redécouvre les Grands Prix que nous avions vu quelques mois plus tôt et la perspective est totalement différente. Un dépassement qui nous avait rendu impassible quand nous l'avions vu en direct nous époustoufle subitement. Au final, le grand point fort de "Drive to Survive" est que même un spectateur lambda pourra accrocher à la série

Il n'y a pas grand-chose à reprocher à "Drive to Survive", si ce n'est la présence minimaliste à l'écran d'une équipe, Racing Point pour ne pas la citer, et de l'un ou l'autre pilote qui ne manqueront pas de le faire savoir dans l'épisode final. Les yeux de lynx remarqueront également plusieurs anachronismes dans les différents plans. Par exemple, la caméra filme des ingénieurs sur le muret à Bakou alors que l'action est censée se dérouler à Barcelone. Mais cela n'a que très peu d'importance et ne dérange en rien.

Quand le générique du dernier épisode a commencé à dérouler, nous ne voulions qu'une chose: être déjà en 2021 pour dévorer la saison 3. On ne peut qu'encourager Netflix à poursuivre son oeuvre qui apporte un regard neuf sur la Formule 1 et devrait faire de nouveaux adeptes. On se met déjà à souhaiter des "spin-offs" sur les jeunes loups de la F2 et la F3 qui rêvent de décrocher leur place au firmament du sport automobile, ou encore sur la curieuse vie des troisièmes pilotes, ces hommes de l'ombre qui ne sont là que pour quelques tours de manège ou qui rongent leur frein pendant une saison entière dans l'espoir qu'un baquet se libère un jour.

Avec cette 2ème série, "Drive to Survive" est plus que jamais pilote de son destin et a encore de longue années devant elle. A ne louper sous aucun prétexte !

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