Max Mosley a annoncé que le tribunal d'appel de la FIA examinerait le 15 novembre le recours de l'écurie McLaren

PARIS L'équipe anglaise a interjeté appel dans l'espoir d'obtenir la disqualification de quatre pilotes soupçonnés d'avoir enfreint le règlement sur l'essence lors du Grand Prix du Brésil disputé la semaine dernière. Si le tribunal d'appel donne raison à l'équipe de Ron Dennis, le titre de champion du monde pourrait revenir au Britannique Lewis Hamilton.

"Ça aura lieu le 15 novembre devant le tribunal d'appel à Paris", a déclaré Mosley devant quelques journalistes. "Pour nous le championnat du monde est décidé, le résultat est là. Une équipe a porté réclamation. Pour le moment, ça ne change rien, à eux de venir apporter la preuve qu'ils ont raison."
A l'issue du GP du Brésil, le Finlandais Kimi Raikkonen (Ferrari) a été sacré champion du monde avec un point d'avance sur Hamilton.

Après la course, la FIA a ouvert une enquête concernant les équipes BMW-Sauber et Williams, dont les pilotes ont terminé quatrième, cinquième, sixième et dixième de la course. Si au moins deux des trois qui ont fini devant Hamilton avaient été sanctionnés, il aurait été couronné champion du monde à la place de Raikkonen.

La température de l'essence des monoplaces de Nico Rosberg (Williams, 4e), Robert Kubica (BMW-Sauber, 5e), Nick Heidfeld (Williams, 6e) et Kazuki Nakajima (Williams) était de 14 degrés inférieure à la température de l'air, a expliqué la FIA.

"On peut se demander s'ils (McLaren) ont le droit de faire appel", a ajouté Mosley à l'issue d'une assemblée générale de la FIA, axée sur les problèmes d'écologie. "Ils pouvaient porter réclamation contre le résultat, ils ne l'ont pas fait. On a apparemment pas mesuré la température des voitures. Et même si les voitures classées devant (Hamilton) devaient être exclues, cela changerait-il la position de leur pilote? Au tribunal d'appel de se prononcer."

Le président de la FIA est également revenu sur l'affaire d'espionnage concernant les équipes McLaren et Ferrari qui a marqué la saison 2007. Dans ce dossier, le Conseil mondial de l'automobile a infligé à McLaren une amende record de 100 millions de dollars (72 millions d'euros) et a exclu l'équipe du classement constructeurs cette année.

Mosley, qui était favorable à une exclusion des pilotes McLaren Hamilton et Fernando Alonso, a ajouté qu'il était finalement content pour le public que le conseil mondial n'ait pas adopté cette position extrême.
"Si les gens s'étaient prononcés pour l'exclusion totale, on aurait manqué trois dernières courses extraordinaires", a souligné Mosley. Finalement, justice a été faite dans les deux sens."

Dans cette affaire, McLaren pourrait subir d'autres sanctions pour le championnat 2008. "Si on trouve une grande quantité de propriété intellectuelle de Ferrari chez eux, oui, (ils risquent gros)", a souligné Mosley, qui estime également que le conseil mondial aurait dû prononcer une exclusion de deux saisons à l'encontre de McLaren.

"La seule façon de nettoyer le championnat aurait été de les exclure pour les saisons 2007 et 2008", a-t-il dit, avant de faire part de ses craintes pour l'avenir. "Si ça avait été ma seule décision, j'aurais exclu les pilotes. Comme on dit en anglais, "hard cases make bad law". Peut-être a-t-on créé un précédent pour l'avenir qui va nous faire mal."