F1: «plus rien à envier à nos rivaux»

Formule 1

ENVOYÉ SPÉCIAL EN ALLEMAGNE DANIEL STRIANI

Publié le

F1: <i>«plus rien à envier à nos rivaux»</i>
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Ralf Schumacher et les Williams-BMW retrouvent les sommets

NÜRBURGRING Pour son retour après quinze mois d'absence sur la première marche d'un podium, Ralf Schumacher aurait peut-être souhaité que son frère aîné ne lui vole pas à nouveau la vedette à cause de ce dépassement opéré par Montoya sur Michael au 43e tour et qui mit le quintuple champion du monde en situation très délicate dans la Dunlop Kehre. Sur le coup de 16h00, hier dans le Paddock du Nürburgring, on parlait en effet davantage de la manoeuvre finalement très normale avec laquelle le Colombien se joua de la Ferrari de l'Allemand, ainsi que de la manière dont Alonso a étrangement ralenti au 56e tour, provoquant la sortie de piste de Coulthard, que du succès de Ralf. Pourtant, Dieu sait si le cadet de la famille Schumacher cavalait depuis un sacré bout de temps derrière cette victoire. "C'était bien joli, mais mes poles de Monaco et de Montréal n'avaient pas eu le don de me ravir outre mesure car, ensuite, ces deux courses en question ne m'apportèrent finalement pas la véritable récompense au bout."

Dans les points sur chacun des neuf GP disputés depuis le début de la saison, Ralf Schumacher s'est élancé de la deuxième ligne, hier, par le biais de ce 3e temps signé aux essais de samedi. "J'aurais préféré partir de cette partie-là de la piste plutôt que de la mienne", devait avouer son frère Michael qui la veille, déjà, avait prédit que s'élancer de la 2e place ne l'agréait qu'à moitié car ce côté-là du tracé est traditionnellement moins propre. "Je ne sais pas si c'est ce seul fait qui m'a permis de le déboîter au départ, mais il est clair que ma Williams-BMW FW 25 était, elle, vraiment bien dans l'allure", commentait après coup Ralf.

Malgré ça, jamais sa monoplace n'allait sembler en mesure de remonter la McLaren-Mercedes de Kimi Raikkonen, leader autoritaire de ce GP d'Europe jusqu'à l'explosion de son moteur au 26e tour. "Mais cela n'ôte rien au plaisir immense qui est le mien aujourd'hui, répond Ralf. Et puis, ma voiture était sensiblement meilleure après le premier pit stop. Avec plus d'essence, son équilibre était parfait. C'est pourquoi il n'est pas sot d'affirmer que j'aurais pu éventuellement aller chercher Kimi."

À voir la façon dont Juan Pablo Montoya a remonté les positions après, lui, son deuxième pit stop, on peut sans doute défendre cette thèse. Montoya, parlons-en justement: son dépassement aux dépens de Michael Schumacher au 46e tour alimentait évidemment toutes les conversations.

"Je me suis aperçu que je revenais assez vite dans le sillage de Michael et il me semblait aller plutôt lentement à l'amorce de ce 7 e virage, explique le Colombien. J'ai donc décidé de porter mon attaque. La suite? On s'est touché, voilà tout! Je lui ai laissé suffisamment de place à l'intérieur. Les images le prouvent d'ailleurs. Ma manoeuvre n'était absolument pas illicite. Que devais-je faire? Me laisser bloquer à l'extérieur peut-être? Je me suis lancé avec d'autant plus d'entrain vers l'extérieur de ce virage que je m'étais rendu compte, en observant Barrichello quelques tours plus tôt, qu'il y avait assez de grip à cet endroit précis."

Avec les six premiers pilotes au Championnat regroupés en dix-neuf points, les sept derniers GP s'annoncent finalement très intéressants. "En tout cas, reprend Ralf Schumacher, quand on voit où on était en début de saison, c'est le jour et la nuit! En fait, depuis le GP d'Autriche, où Montoya aurait déjà pu s'imposer, nous n'avons quasiment plus rien à envier à nos rivaux."

Et au fond, c'est tant mieux pour le spectacle!

Classement de la course
1. Ralf Schumacher (All/Williams-BMW) les 308,863 km en 1 h 34:43.622 (moyenne: 195,633 km/h)
2. Juan Pablo Montoya (Col/Williams-BMW) 16.821
3. Rubens Barrichello (Bré/Ferrari) 39.613
4. Fernando Alonso (Esp/Renault) 1:05.731
5. Michael Schumacher (All/Ferrari) 1:06.162
6. Mark Webber (Aus/Jaguar-Cosworth) 1 tour
7. Jenson Button (G-B/BAR-Honda) 1 tour
8. Nick Heidfeld (All/Sauber-Petronas) 1 tour
9. Heinz-Harald Frentzen (All/Sauber-Petronas) 1 tour
10. Antonio Pizzonia (Bré/Jaguar-Cosworth) 1 tour
11. Ralph Firman (G-B/Jordan-Ford) 2 tours
12. Giancarlo Fisichella (Ita/Jordan-Ford) 2 tours
13. Justin Wilson (G-B/Minardi-Cosworth) 2 tours
14. Jos Verstappen (P-B/Minardi-Cosworth) 3 tours
15. David Coulthard (GBR/McLaren-Mercedes) 4 tours
tours

Les autres concurrents n'ont pas été classés

Les classements du Championnat du monde

Pilotes:
1. Michael Schumacher (All) 58 pts
2. Kimi Raikkonen (Fin) 51
3. Ralf Schumacher (All) 43
4. Juan Pablo Montoya (Col) 39
5. Fernando Alonso (Esp) 39
6. Rubens Barrichello (Bré) 37
7. David Coulthard (G-B) 25
8. Jarno Trulli (Ita) 13
9. Giancarlo Fisichella (Ita) 10
10. Jenson Button (G-B) 10
11. Mark Webber (Aus) 9
12. Heinz-Harald Frentzen (All) 7
13. Cristiano Da Matta (Bré) 3
14. Jacques Villeneuve (Can) 3
15. Nick Heidfeld (All) 2
16. Olivier Panis (Fra) 1
17. Ralph Firman (G-B) 1

Constructeurs:
1. Ferrari 95 pts
2. Williams-BMW 82
3. McLaren-Mercedes 76
4. Renault 52
5. BAR-Honda 13
6. Jordan-Ford 11
7. Sauber-Petronas 9
8. Jaguar-Cosworth 9
9. Toyota 4

Schumi défend... Montoya

Pour le Ferrariste, il s'est agi d'un simple accident de course

NÜRBURGRING Ceux qui parmi nos confrères allemands ou italiens s'attendaient à tomber sur un Michael Schumacher furax en ont été pour leurs frais au terme du GP d'Europe. Devant la direction de course, le quintuple champion du monde évacua déjà tous les doutes en défendant la manoeuvre de dépassement de Juan Pablo Montoya à ses dépens lors du 43e tour.

«Nous avons donné lieu à un accident de course comme il peut en survenir durant un GP, expliquait le leader actuel du Championnat du Monde. Très sincèrement, Montoya, sur ce coup-là, m'a laissé suffisamment de place à l'intérieur du virage 7. Il était plus rapide que moi et il est logique qu'il ait alors songé à m'attaquer.»

En fin de compte, Schumi pouvait s'estimer tout heureux d'avoir pu être remis dans le sens de la course par... le conducteur du tracteur, venu aidé trois commissaires de piste. «C'est vrai que je peux être satisfait d'une chose, à savoir être rentré dans les points. Au fond, avec l'abandon de Raikkonen, j'ai même pu accentuer mon avance au classement du Championnat du Monde.»

En fait, ce que Michael Schumacher aimerait savoir, c'est comment Montoya l'a remonté si vite après le deu- xième pit stop. La faute aux pneus Bridgestone? Peut-être, car le Colombien ne changea que ses gommes Michelin arrière lors de son premier arrêt aux stands mais bien les quatre pendant son second ravitaillement. Cela dit, cette année, la F 2003-GA ne roule pas non plus avec le même entrain que la F 2002 sur le ventre des monoplaces concurrentes. «Il faut reconnaître que notre châssis, notre moteur et notre package de pneus n'étaient pas les plus performants du lot ce week-end », constatait honnêtement Jean Todt hier soir.

Un avis partagé par Rubens Barrichello, troisième hier. «C'est dommage que Montoya m'a passé après le 2e pit stop, alors que j'avais pris le meilleur sur le Colombien au départ, mais le résultat de ce jour est logique. Avec beaucoup d'essence, l'équilibre de ma Ferrari n'était pas génial. A la régulière, je ne pouvais rien contre les deux Williams-BMW.»

Inquiétant, cet aveu d'impuissance...



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