Entretien avec André Maes, l'organisateur du Grand Prix de Belgique

FRANCORCHAMPS Quoique certains aient pu mal interpréter, même s'il a fallu activer, il est vrai, certaines entreprises ne respectant pas les délais prévus, le circuit de Francorchamps est désormais fin prêt à accueillir la Formule 1 ce week-end après deux longues années d'absence. Le directeur général de Spa Grand Prix nous l'a confirmé hier dans un entretien exclusif.

André Maes, à cinq jours du Grand Prix de Belgique, Francorchamps est-il paré ?

"Tout à fait ! Tout est nickel. Présents depuis vendredi, les dirigeants de la FOM (Formula One Management) sont venus personnellement me féliciter pour l'état du circuit. Pierre Abad et son staff technique ont fait un travail remarquable. Bien sûr, toute l'équipe d'organisation est à la bourre. Mais chaque année, c'est pareil. C'est toujours comme cela lorsque vous mettez sur pied un événement d'une telle envergure. Vous voyez, à l'instant où vous me parlez, je m'occupe du flé- chage. On en est donc aux détails..."

Public et pilotes ne découvriront donc pas un chantier...

"Absolument pas. Aujourd'hui, on fignole. Il reste deux barrières à mettre à un endroit, dix mètres de clôture à un autre mais dès ce mardi, tout sera terminé. La grande tribune en face des stands est, elle aussi, achevée. Pour dimanche, elle est d'ores et déjà pleine. Elle sera accessible pour 100 euros le vendredi et 150 le samedi. Les 1.500 places Gold mises en vente vont partir très vite."

Où en êtes-vous justement dans la vente des billets ?

"Dimanche, on avait franchi la barre des 60.000 tickets pour les trois jours, ce qui n'est pas mal du tout en débutant la vente seulement en décembre. Toutes ces personnes auront droit au pitwalk, jeudi, de 15 h 30 à 17 h. Et, selon la météo qui s'annonce pas trop mauvaise pour le week-end, on devrait encore en vendre entre 3 et 10.000 d'ici à dimanche. Au moment où je vous parle, des gens sont au guichet à la Source pour acheter des bil- lets. Et ce sera comme cela jusqu'à ce week-end."

Vous avez donc de bonnes chances d'atteindre votre Break Event de 65.000 places, le chiffre à partir duquel le Grand Prix ne coûte plus d'argent mais en rapporte.

"Tout à fait. C'était notre objectif, et nous serions fiers de l'atteindre dès la première année car il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas eu de Grand Prix en 2006 et que le public au départ était assez méfiant. Notez que le prix du plateau (NdlR : les fameux 14 millions dont on a tant parlé en 2005 à l'époque de DDGP) est inclus dans ce chiffre de 65.000 places."

Il y a donc de fortes chances pour que Spa Grand Prix organise à nouveau le Grand Prix en 2008...

"Écoutez, le gouvernement devra se décider le lundi 24 septembre. De tou- te manière, l'option trois qui serait de ne plus organiser le Grand Prix est déjà à oublier. La Région n'a pas investi 25 millions pour un an. Il faudra dès lors choisir entre deux solutions : continuer comme cette année ou demander à Bernie Ecclestone de racheter la société. Dans les deux cas, mon travail restera le même. Donc, je prépare déjà 2008. Dans cette optique, j'ai fait imprimer 300.000 dépliants qui seront distribués aux spectateurs ce week-end en leur offrant 20 % sur leurs tickets 2008 s'ils les achètent la semaine prochaine."

La récente affaire d'espionnage opposant Ferrari à McLaren et le verdict du conseil mondial de jeudi à Paris pourraient-ils avoir une quelconque influence sur le Grand Prix de dimanche ?

"Je n'ai franchement pas eu le temps de lire quoi que ce soit ni de suivre cette affaire. Mais je peux vous certifier que la fédération internationale n'osera jamais prendre une décision qui pourrait nuire à la fin du championnat. Ce serait fou. Pour moi, il faudra attendre fin octobre pour connaître le réel dénouement."

Pas de risque donc que les McLaren ne roulent pas en Belgique ?

"Mais non. D'ailleurs, ils sont déjà occupés à s'installer."



© La Dernière Heure 2007