GP Australie - «Soulagé plutôt que stressé»

Formule 1

ENVOYÉ SPÉCIAL EN AUSTRALIE DANIEL STRIANI

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Bas Leinders attend cependant toujours sa superlicence...

MELBOURNE Il aura fallu patienter dix ans et les deux seules petites piges signées par Philippe Adams chez Lotus pour retrouver un pilote de chez nous officiellement engagé dans un week-end de Formule 1, même si Bas Leinders se contentera au départ d'un statut de pilote d'essais au sein de l'écurie Minardi, la moins bien huppée financièrement du cirque de la F 1. "C'est vrai, mais moi je vois les choses sous un autre angle, intervient le Limbourgeois, car j'émarge désormais aux vingt-six pilotes qui vont vivre les dix-huit GP de la saison de l'intérieur du paddock. Il y a les vingt qui s'alignent au Championnat du Monde et les six autres qui, en attendant de jouer dans la même pièce, n'en doivent pas moins fournir un important travail de fourmi en tant que pilotes essayeurs. J'en connais des dizaines, si pas des centaines, qui voudraient se retrouver à ma place. Je suis en F 1 et cette nouvelle est exceptionnelle.

Et hier après-midi dans l'enceinte de l'Albert Park à Melbourne, sous un soleil très chaleureux en cette fin d'été de ce côté-ci du globe, Bas Leinders n'était pas peu fier de lever le voile sur la nouvelle Minardi PS 04 aux côtés des deux pilotes officiels que sont l'Italien Gianmaria Bruni et le Hongrois Zsolt Baumgartner, ainsi que du second pilote d'essais, à savoir le Portugais Tiago Monteiro. "Vous savez, explique Leinders, l'an dernier, huit pilotes sur vingt de F 1 avaient soit roulé soit roulaient encore pour Minardi. Ils seront encore six cette saison. Cela veut dire, quelque part, qu'il y a moyen de faire son trou dans ce microcosme en débutant sa carrière chez Minardi. Les sacrifices qu'il faut probablement consentir ici vous blindent pour la suite."

Ayant probablement dû renoncer à un baquet d'essayeur chez Jordan après la triste et très prématurée sortie de route au circuit de Catalunya, Bas Leinders, sous la férule de son manager Marc Guiot, a décroché la lune, même si sa participation aux essais libres de ce vendredi est encore liée à l'obtention de la superlicence, que le Limbourgeois ne possède pas puisqu'il n'a pas parcouru 300 km en deux jours maximum au volant d'une F 1 aux essais. "Il est probable que la décision ne tombe pas avant vendredi matin."

Sachez que le jury qui octroie cette superlicence est composé de Max Burney, de Frank Williams, de Jean Todt et de Bernie Ecclestone. "Franchement, j'espère qu'on ne me mettra pas des bâtons dans les roues, d'autant plus que mon programme prévoit beaucoup de bornes à me mettre sous la pédale d'accélérateur vendredi. Je sors d'une belle expérience en World Series Nissan et, surtout, il ne faut pas prétexter de l'accident qui m'est survenu il y a quelques semaines à Barcelone au volant de la Jordan pour me faire passer pour un pilote qui a l'habitude de casser le matos ! Ceux qui me connaissent savent que c'est tout sauf vrai."

Une assertion que ne manquait d'ailleurs pas de confirmer Paul Stoddart, le directeur général de Minardi: "J'ai suivi les prestations de Bas en World Series Nissan et, très honnêtement, il m'a régulièrement épaté."

D'après Bas Leinders lui-même, le budget que lui et son manager ont dû regrouper pour décrocher le volant d'essayeur chez Minardi était bien moindre que celui exigé par Eddie Jordan. "Mes ambitions sont claires: je veux convaincre sur la piste Paul Stoddart de m'enrôler pour la saison prochaine comme pilote officiel. Bon, si ça peut survenir avant, au GP de Belgique par exemple, je ne vais pas m'en plaindre. De la pression? Je n'en ressens aucune sur mes épaules. Au contraire, je me sens complètement soulagé. Et je sais également qu'on ne me demandera pas d'emblée de m'aligner sur les chronos de Bruni."

© Les Sports 2004

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