GP d'Australie - Mais qui peut donc les arrêter?

Formule 1

ENVOYÉ SPÉCIAL EN AUSTRALIE DANIEL STRIANI

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GP d'Australie - Mais qui peut donc les arrêter?
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Michael Schumacher et sa Ferrari F 2004 jouent dans une autre pièce

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MELBOURNE Au terme d'un week-end où sa nouvelle F 2004, véritable bête à gagner, a déchiré de bout en bout la concurrence et pulvérisé les records du tracé de l'Albert Park, Michael Schumacher, à l'issue de son quatrième succès à Melbourne, n'use pas son verbe fier pour éventuellement ridiculiser ses concurrents directs ou pour se monter lui-même en épingle, mais plutôt pour revenir sur l'extraordinaire travail fourni par son team durant l'hiver à peine écoulé.

«Lors des derniers tests effectués à Imola avant de nous envoler pour Melbourne, nous savions tous que le développement de la voiture et celui des pneus avaient été très bons. Je savais que nous étions forts mais, sincèrement, pas à ce point!» Jamais inquiété du 1er au 58e tour, le sextuple champion du monde doit peut-être se dire, aujour- d'hui, que sa seule menace n'est autre que... Rubens Barrichello, son équipier. «Regardez tous les chronos du week-end, et vous verrez que Rubens n'a jamais été très loin de moi. Et même en course, avant qu'il ne connaisse des problèmes de freins après son deuxième pit stop, il a calqué ses temps de passage sur les miens.» Ceci dit, Schumi, par éducation probablement, se garde bien d'enterrer déjà ses rivaux pour le titre.

«Attention, si l'an dernier cette course d'ouverture avait été aussi limpide et surtout moins bouleversée par la météo, nous aurions sans doute obtenu le même résultat qu'aujourd'hui! » estime le pilote allemand, après la 71e victoire de sa carrière. «Dès lors, je patienterai jusqu'à la Malaisie avant de dire que nous sommes loin devant et que nous allons rafler autant d'épreuves qu'en 2002 notamment, année où j'ai été sacré en juillet au GP de France. A Sepang, par exemple, s'il devait faire plus chaud qu'à Melbourne, il faudra voir si nos pneus Bridgestone recèleront le même degré de compétitivité. Ne tirons pas des conclusions trop hâtivement alors que d'autres circuits aussi diversifiés les uns que les autres et que d'autres conditions météorologiques nous attendent.» Reste que par rapport à 2003, Michael Schumacher peut déjà établir des comptes assez intéressants.

«C'est vrai, me voilà déjà nanti de deux points de plus que l'an passé après... les trois premières courses! Moralement, cela fait du bien.» Quant à savoir si Juan- Pablo Montoya aurait pu franchement lui poser une aiguille dans le dos s'il n'avait pas fait un détour par le vert pré au premier virage, Michael Schumacher n'y pense pas le moins du monde. «Cela n'aurait strictement rien changé car la Renault de Fernando Alonso était de toute façon plus performante que sa Williams. Il aurait eu des difficultés, dès lors, à me mettre sous pression, non?» Un Fernan- do Alonso vis-à-vis duquel, précisément, le sextuple champion du monde nourrit le plus grand respect. «C'est un excellent pilote qui a déjà commencé à confirmer ici à Melbourne les bonnes prestations signées en 2003. En ce qui me concerne, je tiendrai constamment un oeil ouvert sur lui et sur l'écurie Renault.» Mais on aurait tort de ne pas englober Rubens Barrichello dans cette véritable démonstration qu'a su griffer la Scuderia à l'Albert Park.

«Tant que mes freins m'ont soutenu adéquatement, je suivais sans trop ciller le rythme de Michael! confiait le sympathique pilote brésilien. Ensuite, après mon deuxième passage au stand, j'ai été confronté à la fois à un problème de trafic et à des soucis au niveau de mes freins. A partir de là, j'ai préféré assurer ma deuxième place. Ceci dit, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour poser le plus de pression possible sur les épaules de Michael cette année.» Un Michael Schumacher dont certains se demandent où il va chercher sa motivation après six titres mondiaux.

«J'aime la F 1, je roule pour la meilleure écurie, qui porte le nom de Ferrari en plus, et j'adore l'esprit de compétition: ces constats posés, il ne m'est pas ardu de me motiver après ce GP!» conclut Schumi.

Un désastre?

Les premiers essais libres étaient à peine terminés vendredi après midi que Bernie Ecclestone prononçait déjà sans détour le terme «désastre» face à la domination des Ferrari. Quarante-huit heures plus tard, son laïus était plus que jamais d'actualité. Qu'on ne roule plus qu'avec un seul moteur par week-end ou qu'on ait interdit le départ automatique, cela n'a fondamentalement pas modifié la donne en F 1. Ou plutôt si, car Ferrari est sorti encore plus sérieusement grandi du premier GP de la saison 2004.

A Maranello, l'hiver qui vient de s'éteindre fut, une fois de plus, très riche en idées gagnantes. La F 2004, bien appuyée aussi sur des pneus Bridgestone en nets progrès par rapport à 2003, est une vraie machine à détruire ses rivales. On ne peut décemment pas parler de concurrence rapprochée au sortir de Melbourne. Chez McLaren-Mercedes, on se retrouve à la rue, la MP 4/19 étant dépouillée du moindre argument de fiabilité tant au niveau châssis que moteur. Du côté de chez Williams-BMW, c'est à peine meilleur. Heureusement que chez les petits hommes bleu et jaune de Renault, on a, depuis plus d'un an maintenant, su retrousser ses manches pour nous fournir un matériel de tout premier ordre.

Pas encore en mesure de s'installer dès aujourd'hui à hauteur de Ferrari, certes, mais avec l'espoir, concret, d'y arriver sans doute avant Williams-BMW et McLaren-Mercedes dans le courant de cette année.



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