Retour sur une édition 1996 historique à plus d'un titre.

L'Australie était synonyme de départ en vacances pour les pilotes de Formule 1. De 1985 à 1995, Adélaïde accueillait la dernière manche du championnat du monde et nombre de pages légendaires de la discipline s'y sont sont écrites. Mais dès 1996, le pays des kangourous rime avec rentrée des classes. Grâce à une loi anti-tabac plus avantageuse dans l'État de Victoria, Melbourne est parvenu à récupérer l'épreuve qui devient par la même occasion la 1ère épreuve du calendrier. Tracé autour du lac d'Albert Park, la piste plait aux pilotes qui louent ses nombreuses sections rapides.

Cette 1ère visite à Melbourne est historique à plus d'un titre. Dans le paddock, tout le monde n'a d'yeux que pour Jacques Villeneuve. Quatorze ans après la disparition de son père Gilles, celui qui a tout raflé aux États-Unis, dont Indy 500, fait ses grands débuts en F1 pour le compte de Williams. Avec son look d'étudiant attardé tout droit sorti d'une sitcom américaine, le Québécois détonne. Ce serait presqu'oublier que Michael Schumacher dispute son tout 1er Grand Prix avec Ferrari. L'Allemand, qui vient d'enlever deux titres avec Benetton, a pour mission de redresser la Scuderia dont le dernier titre remonte à 1982. Le chantier qui attend l'aigle de Kerpen est colossal...

Dimanche, la 1ère ligne est 100% Williams. Et c'est... Villeneuve qui est en pole devant son équipier Damon Hill! Jamais un rookie n'avait été aussi en verve pour son 1er GP depuis Mario Andretti aux USA en 1968. Le 1er GP d'Australie à Melbourne connaît sa 1ère frayeur après quelques hectomètres. Au 1er tour, Johnny Herbert surprend Martin Brundle à l'entame du virage 3, lequel fait une terrible embardée, sa Jordan se scindant en deux ! Heureusement, plus de peur de que mal pour le Britannique qui prendra le 2e départ. Plus tard, pendant que Schumacher disparaît à mi-course après avoir été trahi par ses freins, Villeneuve mène de la tête et des épaules. Mais, alors que l'arrivée est vue, la Williams n°6 vomit son huile. Complètement maculé du liquide de son équipier qui sauvera néanmoins la 2e place, Hill n'en demandait pas tant pour s'imposer tandis que Eddie Irvine sauve l'honneur de Ferrari en terminant 3e.

Villeneuve se vengera en s'imposant dès le Nürburgring mais cela ne suffira pas pour empêcher Hill d'être champion en fin d'année. Mais le Canadien a donné rendez-vous en 1997 où son grand rival s'appellera Schumacher...