Il arrache ainsi la pole à Alonso dans le brouillard

La grille de départ


MONT-FUJI Lewis Hamilton a subtilisé la pole position du Grand Prix du Japon à Fernando Alonso en toute fin des qualifications courues samedi dans le brouillard du Mont-Fuji et qui ont vu les McLaren confisquer la première ligne, devant les Ferrari, pour la 5-ème fois de la saison.

Les conditions météorologiques rendaient incertaine la tenue même de ces qualifications. Un épais brouillard avait cloué au sol l'hélicoptère médical dans la matinée, forçant les commissaires de course à avorter l'ultime séance d'essais libres après seulement quatre minutes.

Mais à 15h01 (08h01 à Bruxelles), bouclant son ultime tour, Hamilton a surgi du brouillard pour passer la ligne de chronométrage avec moins d'un dixième d'avance sur Alonso qui détenait jusque là le meilleur temps devant Kimi Räikkönen (Ferrari). "En passant la ligne, il y avait un écran géant en face et j'ai vu que j'avais décroché la pole avant même que l'équipe me le dise par radio", raconte Hamilton, ravi de cette quatrième pole. Il s'est également élancé en position de pointe en Hongrie mais seulement après la relégation d'Alonso qui avait signé le meilleur temps des qualifications.

Démonstrations

D'accolades en démonstratives poignées de main, la quasi-totalité de l'équipe a été congratulée par le leader du Championnat qui n'a pas manqué de tomber dans les bras de son père Anthony.

Avec à ses côtés son meilleur ennemi, Hamilton -qui a encore eu au Japon des mots durs à l'égard d'Alonso- peut s'attendre à un départ plutôt chaud. D'autant que l'Espagnol affiche une immense sérénité sans renier son agressivité au volant. "Normalement, être du côté propre de la piste (où se trouve la pole) est un avantage, mais il est vrai que la pluie de ce samedi l'aura probablement lavée et que, peut-être, dimanche, les deux côtés seront plus similaires que d'habitude" en termes d'adhérence, prévient-il. Et d'ajouter: "Je suis en première ligne et c'est le plus important". Aussi, "la clé sera de passer en tête le premier virage", estime Hamilton.

Après la sévère passe d'armes entre les deux coéquipiers dans les premiers hectomètres du Grand Prix de Belgique quinze jours plus tôt, que se passera-t-il dimanche à l'extinction des feux ?

"Pas des idiots"

"Nous allons faire la course, mais Fernando l'a dit (samedi), nous ne sommes pas des idiots et nous voulons surtout la finir pour marquer des points", répond Hamilton. "Oui, nous finirons la course tous les deux, pas de souci", confirme Alonso.

Leur patron Ron Dennis ne veut pas imaginer la scène: "S'ils s'accrochent, un grand éclat de rire va retentir en provenance de chez Ferrari, alors ils seront tous les deux très concentrés".

Mais tout à leur duel tant sportif que personnel, Hamilton et Alonso devront cependant se méfier des Ferrari qui occuperont la deuxième ligne. "Nous avons une bonne voiture pour la course et je suis certain que la lutte sera serrée" pour la victoire, estime d'ailleurs Räikkönen, troisième temps des qualifications devant Felipe Massa.

Longtemps en première ligne, le Finlandais a donc perdu sa deuxième position tout à la fin des qualifications, mais sa performance lui a donné de la confiance car elle a été signée malgré un "problème de boîte de vitesses". "Espérons que ce sera réparé pour la course", dit-il avec son habituel fatalisme.

Car, souligne Räikkönen qui a finalement échoué à moins de deux dixièmes de seconde de la pole, "les chronos sont très proches (entre les McLaren-Mercedes et les Ferrari) et je pense être en bonne position pour la course".