Le doublé Ralf Schumacher-Juan Pablo Montoya et la démonstration de force des Williams-BMW, le degré de performance affiché par la McLaren-Mercedes de Kimi Raikkonen avant son abandon, ont rejeté Ferrari en arrière-plan au Grand Prix d’Europe de Formule 1, dimanche au Nurburgring

NURBURGRING «C’est la première fois cette saison que Ferrari n’était pas en mesure de se battre pour la victoire. Même lors des trois premiers Grands Prix de la saison que nous n’avons pas gagnés nous étions quand même les plus rapides. Au Nurburgring, ce n’était pas vrai», reconnaissait Jean Todt, directeur de l’équipe italienne.

«Nous n’étions pas assez rapides», constatait, amer, Michael Schumacher. Voilà de longs mois que la Scuderia n’avait pas subi une telle domination de la part de ses rivaux. L’an dernier, l’Allemand était arrivé au Grand Prix de France à Nevers/Magny-Cours pour y conquérir son cinquième titre mondial. Après une deuxième place au Nurburgring, derrière son coéquipier brésilien Rubens Barrichello, puis une victoire à Silverstone en Grande-Bretagne après un deuxième doublé consécutif, la Scuderia et son champion allemand étaient hors d’atteinte, les écarts avec la concurrence considérables.

«Lutte terrible»

En un an, la donne a changé. Modification des règlements, progression de la concurrence, de Michelin: désormais chaque course est une lutte acharnée. Certaines victoires Ferrari, comme à Barcelone (Espagne) ou à Montréal, résultaient plus des seules qualités de Michael Schumacher que de la domination de la F2003 GA.

"On ne s’attendait pas à avoir une saison aussi facile qu’en 2002, au cours de laquelle nous avions gagné quinze des dix-sept Grands Prix, analysait Todt. On considère que tout ce qui se passe cette année est proche de ce qui doit se passer dans une saison de F1 où les plus grands constructeurs sont présents, les plus grands manufacturiers de pneumatiques. On assiste donc à une lutte terrible.» Certes, Michael Schumacher et Ferrari occupent toujours la tête des classements pilotes et constructeurs. «Cela étant, il reste sept courses qui vont être très difficiles compte-tenu du niveau de la compétition», insistait le directeur de Ferrari.

La première partie de la saison avait fait de Kimi Raikkonen et McLaren-Mercedes les principaux rivaux de Michael Schumacher et de la Scuderia. Depuis Monaco, avec la montée en puissance de Williams-BMW, la régularité de Ralf Schumacher (neuf fois à l’arrivée dans les points en neuf courses) et le panache de Juan Pablo Montoya, la liste des prétendants aux victoires grossit, avec pas moins de cinq vainqueurs en neuf courses depuis le début de l’année.

Abondance de rivaux

A Magny-Cours, cette fin de semaine, Raikkonen, si proche de son premier succès la saison dernière sur le tracé nivernais, et les Williams-BMW vont certainement encore mener la vie dure au quintuple champion du monde et à Ferrari. Paradoxalement, cette abondance de rivaux pourrait ne pas nuire à Michael Schumacher. Au contraire. Plus les adversaires capables de gagner sont nombreux, plus les points se répartissent, une situation qui pourrait favoriser l’Allemand dans sa quête d’un sixième titre mondial... grâce au nouveau règlement en matière d’attribution des points.

«Avec le nouveau système, et mes sept points d’avance au Championnat, cela prendra du temps pour me rattraper si je parviens à finir les courses», déclarait Michael Schumacher dimanche soir au Nurburgring.
Et dire qu’il y a quinze jours encore, au Canada, l’Allemand fustigeait cette nouvelle règle. Mais c’était au soir d’une victoire, avant que la concurrence, Williams-BMW notamment, n’exerce sa domination.