GP Monaco: pourquoi Renault peut gagner?

Formule 1

ENVOYÉ SPÉCIAL À MONACO OLIVIER DE WILDE

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GP Monaco: pourquoi Renault peut gagner?
© Belga/AFP
La marque au losange, principale rivale de Schumi et de Ferrari?

MONACO Tous les spécialistes vous le diront: parfaites dans leur rôle d'outsiders depuis le début de saison, les Renault (3es du championnat constructeurs ex aequo avec Williams-BMW) partageront, ce week-end, le statut de grandes favorites avec Ferrari. Pourquoi Flavio Briatore pourrait-il rééditer ici l'exploit réussi avec Schumi et Benetton (le seul succès d'un moteur Renault au pied du Rocher) en 1995? Pourquoi la firme au losange jouera- t-elle son plus beau joker et a le plus de chances ici de renouer avec le succès vingt ans après la dernière victoire 100% jaune d'Alain Prost en Autriche? Grâce à une combinaison de sept facteurs favorables qui pourrait s'avérer gagnante à la roulette monégasque.

Essais privés: Renault est la seule écurie de pointe à avoir opté pour les deux heures supplémentaires de vendredi (exceptionnellement ici le jeudi de l'Ascension). Un mince avantage sur les circuits régulièrement visités nettement plus important sur cette piste urbaine où il est impossible de s'entraîner. Alors que leurs principaux rivaux n'ont eu droit hier qu'à 1h plus trois tours de piste, Trulli, Alonso et le pilote d'essai McNish ont travaillé trois fois plus. Les 115 tours supplémentaires bouclés leur ont permis de mieux préparer la qualif et le GP, de balayer un maximum de réglages, de tester les 4 nouvelles solutions pneumatiques et tout simplement de mieux s'habituer, en conditions de course, à ce tracé unique où chaque tour compte.

Moteur: Même avec l'évolution apparue en Autriche, le V 10 à 110 degrés est loin d'être le plus puissant du plateau, ce qui pénalise les Renault en vitesse de pointe (284 km/h à la sortie du tunnel pour 294 km/h aux Ferrari). Un handicap sur les circuits rapides pouvant se transformer en atout à Monaco où la souplesse et le couple, deux atouts du bloc Renault, s'avèrent prépondérants. «Le moteur ici n'est à pleine charge que 35% du temps, explique Remi Taffin, ingénieur motoriste d'Alonso. Avec des régimes oscillant entre 5.000 et 17.000 tours/minute, la puissance doit être disponible dès les bas régimes et monter de façon progressive et non brutale. Notre couple permet aussi d'éviter certains changements de rapports périlleux."

Châssis: Comme on a pu le voir à Barcelone où Alonso poussa Schumacher dans ses derniers retranchements avant de finir 2e, le châssis R 23 n'est pas loin d'être le meilleur du plateau. Le package aérodynamique permet d'emporter le maximum d'appui indispensable dans les virages serrés. Un gros plus sur le tourniquet monégasque.

Pilotes: Tous deux anciens champions de kart, Trulli (en 1re ligne ici avec la Jordan en 2000 et 4e à l'arrivée en 2002 déjà sur Renault) et Alonso apprécient ce tracé étriqué comparable à une piste indoor. A Monaco, le pilotage fait plus la différence qu'ailleurs. Or les deux Renault boys figurent parmi les plus doués de leur génération. Mais attention, ils seront sous forte pression et n'auront pas le droit à la moindre erreur. N'est-ce pas Alonso, parti à la faute hier matin en tapant légèrement à Mirabeau, puis auteur de deux trop grosses glissades lors des préqualifications?

Stratégie: Celle de l'équipe de Flavio Briatore n'a jamais été prise en défaut cette année.

Fiabilité: Elément essentiel pour la course la plus éprouvante pour les mécaniques. Hormis le bris d'un moteur trop sollicité lors de la remontée d'Alonso en Autriche, la version 2003 s'est montrée infaillible.

Pneumatiques: Sur un circuit sale, bosselé, avec peu de grip, donc glissant, les pilotes utilisent les gommes les plus tendres. Un domaine dans lequel Michelin, en pole avec Montoya et vainqueur en 2002 avec Coulthard, possède un avantage.

© Les Sports 2003

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