La tenue d'un Grand Prix de Formule 1 en Arabie saoudite fait couler beaucoup d'encre. Le circuit de Djeddah fait des sceptiques en raison de son caractère bâclé, peu propice aux dépassements et même dangereux. Mais c'est surtout le fait que la F1 se produise dans un énième pays bafouant les droits de l'homme qui fait grincer des dents.

Lewis Hamilton, qui arborera à nouveau son casque arc-en-ciel en soutien à la communauté LGBT, avoue lui-même se sentir mal à l'aise de courir au Moyen-Orient alors que la fréquente violation des droits pour les personnes homosexuelles et les femmes est souvent pointé du doigt par la communauté internationale.

"Est-ce que je me sens bien de courir en Arabie saoudite ? Je ne dirais pas cela", commente le champion du monde en titre. "Ce n’est pas mon choix de courir ici mais celui de la F1. Il doit y avoir des changements ici. Si quelqu’un veut prendre le temps d’aller lire ce qu’est la loi pour la communauté LGBTQ+, c’est assez terrifiant. C’est pourquoi nous devons sensibiliser les gens à ce sujet lorsque nous sommes ici. Et c’est pourquoi j’ai porté le casque arc-en-ciel au Qatar et que je le porterai lors des deux prochaines courses. Je sais qu’il y a des gens qui sont gravement touchés par les règles et le régime en vigueur ici. Il y a encore des femmes en prison pour avoir conduit ici. Je ressens comme un devoir d’attirer l’attention sur ce point également".

Il y a encore quelques années, les femmes n'avaient en effet pas le droit de conduire une voiture. Sebastian Vettel, qui avait déjà bravé le régime homophobe hongrois en portant les couleurs LGBT sur le Hungaroring, a organisé un tournoi de karting uniquement réservé à des pilotes féminines. Une autre initiative audacieuse de la part du quadruple champion du monde.

"Nous avons eu un groupe de sept ou huit filles et femmes sur la piste et avons mis en place un bel événement uniquement pour elles", explique le pilote Aston Martin. "J’essayais de transmettre certaines de mes expériences dans la vie et évidemment sur la piste, de faire quelque chose ensemble, de développer leur confiance. Les femmes ne sont autorisées que depuis 2018 à conduire une voiture. Donc certaines d’entre elles avaient un permis, d’autres non. Certaines d’entre elles étaient d’énormes passionnées de F1, d’autres n’avaient rien à voir avec la Formule 1 ou la course automobile avant aujourd’hui. C’était donc un bon mélange de femmes de différents horizons et un grand événement où tout le monde était extrêmement heureux. Si l’on regarde d’un point de vue occidental ou européen, il y a encore beaucoup de choses qui devraient être améliorées et qui doivent être abordées, mais il est également vrai que certaines choses changent".

Avec ces deux actions, Hamilton et Vettel envoient des signaux forts. Nelson Mandela disait que le sport a le pouvoir de faire changer les choses, même quand la situation semble désespérée, après tout...