Le Britannique Lewis Hamilton, vainqueur en Russie de son 42e Grand Prix de Formule 1, a rendu hommage à son équipe Mercedes-AMG, qu'il juge "phénoménale", et confié qu'il avait l'impression de "vivre un rêve".

Est-ce que vous espériez vraiment une jolie bagarre avec votre coéquipier Nico Rosberg ?

"Absolument. J'étais excité car en début de course on était tout près l'un de l'autre et je pensais: +OK, on va avoir une course+. Alors c'est dommage pour l'équipe d'avoir perdu une voiture, et qu'il n'y ait pas eu cette bagarre. Mais je savais que Sebastian (Vettel) était derrière moi et je me disais: +S'il était tout près de moi, on pourrait se bagarrer, ce serait super pour les fans+. Cette nouvelle victoire ne m'incite pas à penser que tout est normal. C'est un moment spécial pour moi de dépasser Ayrton (Senna, 41 victoires en F1) et je sais que c'est grâce à cette équipe phénoménale, qui a encore fait un travail fantastique ce week-end".

Comment avez-vous vécu ce départ, puis le début de cette course, notamment quand vous étiez au ralenti derrière la voiture de sécurité ?

"Il n'y a pas eu de gros problème, c'est juste que la voiture de sécurité était un peu lente. J'ai pris un très bon départ car je savais que la clé serait de rester dans son sillage, le plus près possible de lui, pour tenter de le passer à l'aspiration. J'ai essayé à l'extérieur, car il était à l'intérieur, mais je n'ai pas réussi à prendre assez de vitesse et nous sommes arrivés au point de freinage. Je ne voulais pas prendre le moindre risque et il s'est bien défendu. Je pensais alors qu'on allait faire une belle course, produire un joli spectacle. C'est là que je l'ai vu sortir trop large du virage 1, et je l'ai dépassé. Il avait visiblement des problèmes, donc c'était vraiment dommage pour notre équipe qui avait travaillé très dur pour bien préparer nos deux voitures, pour qu'on puisse remporter le titre constructeurs".

Comment avez-vous vécu les cinq derniers tours ?

"J'ai essayé d'en profiter, de bien regarder la voiture, de bien piloter, d'absorber toutes ces émotions, tout en restant concentré. Je ne sais pas combien de fois je serai encore dans cette position, donc je voulais profiter de ce moment. C'est un peu comme si je me sentais vraiment béni. J'aime piloter cette voiture et j'aime la période que nous vivons en ce moment, dans cette équipe phénoménale. Je suis incroyablement fier d'en faire partie et je suis très reconnaissant à tous les gars. Pendant les deux derniers tours, je me disais que j'étais en train de vivre un rêve".

Sebastian Vettel (GER/Ferrari), 2e de la course et du championnat, 11e podium de 2015: "C'était une très bonne course, la voiture était fantastique et elle marchait de mieux en mieux. J'espérais avoir une chance de rattraper Lewis (Hamilton) à un moment ou un autre, mais je pense qu'il avait encore un peu de rythme en réserve. A la fin, il n'attaquait plus vraiment à fond. On s'est bien bagarrés avec Kimi (Räikkönen), je me suis plus amusé que lui car j'ai réussi à le dépasser, mais je préfère que ça se passe comme ça, plutôt que de recevoir des consignes de course sur la radio de bord. C'était très serré, j'ai hâte de regarder tout ça à la vidéo. Il a été fair-play, il m'a juste laissé assez de place pour survivre. On m'a dit ce qui s'est passé (au sujet de Räikkönen et Bottas). Cela aurait été bien de voir deux Ferrari sur le podium et je pense que c'était assez proche à la fin. Nous voulons être un peu meilleurs en course et défier vraiment les Mercedes. Ils sont toujours un peu devant mais je pense qu'on fait du bon travail. Nous nous rapprochons, pas à pas, et nous allons dans la bonne direction. Je pense qu'on sera encore plus près d'eux l'an prochain".

Sergio Pérez (MEX/Force India-Mercedes), 3e de la course, 5e podium en F1 dont deux chez Force India: "C'est super d'être de retour sur le podium. J'ai vraiment pris du plaisir. A un tour de la fin, on aurait dit que tout était en train de nous échapper. A ce moment-là, je n'étais pas content de moi, mais je ne pouvais pas faire mieux. J'ai tout donné et mes pneus avant étaient très abîmés, car j'avais fait beaucoup de tours avec ce deuxième train (40 tours, NDLR). Lorsque j'ai compris que j'allais pouvoir monter sur le podium, au dernier tour, c'était un sentiment incroyable. C'est la meilleure période de ma carrière, les gens qui regardent peuvent s'en rendre compte, et ça me donne confiance pour la suite. Nous n'avons pas été très nombreux à rentrer au stand lors de la 2e neutralisation (pour changer de pneus) et je me suis retrouvé coincé derrière Felipe (Massa) et Nasr, alors j'ai décidé, en accord avec mon équipe, de ménager mes pneus le plus possible, pour les garder jusqu'à l'arrivée. Ca a bien marché, mais je n'ai rien pu faire pour résister à Valtteri (Bottas) et Räikkönen, en fin de course. Je ne pouvais pas freiner trop fort, car je risquais de faire un plat sur les pneus, ce qui aurait provoqué mon abandon. Je n'étais pas prêt à prendre tous les risques et je me suis dit que si je ne montais pas sur le podium, il y avait quand même beaucoup de points à prendre. Après ils se sont touchés (au 53e tour) et j'ai pu offrir ce deuxième podium à l'équipe (après Bahreïn 2014). Je suis content de rester avec eux et j'espère qu'on va conserver cet élan jusqu'à la fin de la saison".