Les deux derniers champions du monde réunis en 2010

WOKING Il l’a fait. Il a osé. Moins d’un mois après avoir décroché le titre mondial à Interlagos, Jenson Button a décidé de quitter l’écurie Brawn (ex-Honda et future Mercedes GP) pour rejoindre son compatriote Lewis Hamilton au sein de la prestigieuse écurie McLaren.

Pour la troisième fois en quatre ans, une monoplace de l’écurie chirurgicale de Woking portera donc les numéros 1 et 2, ceux des deux derniers champions du monde en titre.

Deux têtes couronnées britanniques au sein d’une même écurie, cela faisait 42 ans, depuis Jim Clark et Graham Hill chez Lotus en 1968, que cela n’était plus arrivé. Voilà qui promet de l’ambiance à Silverstone et va déchaîner les passions au Royaume-Uni.

En Angleterre, les bookmakers se frottent déjà les mains. Jenson réussira-t-il à faire mieux que Fernando Alonso il y a trois ans ? Les paris sont ouverts.

“Il n’est jamais facile de quitter une équipe avec laquelle vous venez de passer sept ans, surtout quand vous avez dû surmonter ensemble des moments pénibles avant de remporter le titre mondial,” a déclaré le champion 2009. “Je n’oublierai jamais ce que Brawn a fait pour moi. Mais la vie est faite de challenges. Après la superbe aventure de cette année, je sentais le besoin de relever un nouveau défi.”

Et il est de taille. Pour un peu moins de 7 millions d’euros par an (il avait accepté une réduction à 5,5 cette année), JB quittera son cocon et son petit team quasi familial pour rejoindre, avec un bail de 3 ans, le plus glorieux des teams britanniques, un monstre sacré. “Une équipe mythique pour laquelle j’ai rêvé de rouler depuis que je suis gosse.”

Comme un certain Lewis Hamilton, l’enfant de la maison. Un jeune diamant auquel Button a succédé au palmarès. Sa plus grande expérience et son titre mondial suffiront-ils pour prendre le meilleur sur la perle noire découverte par Ron Dennis ? “Lorsque vous portez le numéro 1, vous avez souvent tendance à croire que vous êtes le meilleur du monde. Mais vous ne le savez vraiment qu’au moment où vous êtes confronté à armes égales. Je ne peux être sûr cette année que d’avoir été meilleur que Rubens Barrichello. Je considère Lewis comme un des plus grands adversaires. Je suis donc impatient de pouvoir me confronter à lui.”

Un sacré challenge pour Button mais aussi pour Hamilton. Avec le risque que le dream team se transforme vite en cauchemar pour l’un, voire les deux.



© La Dernière Heure 2009