F1 - GP du Canada. Le point avec Jean Todt, le patron de Ferrari, après la déconvenue monégasque

MONTRÉAL S'il a volontairement pris un peu de recul pour préparer doucement la transition et sa retraite sportive, Jean Todt n'en demeure pas moins toujours l'interlocuteur le plus valable quand il s'agit d'évoquer la Scuderia qu'il continue à diriger de course en course.

Jean Todt, à Monaco vous avez essuyé votre premier grand revers de l'année face à McLaren ?

"Exact. Sur cette course-là, très particulière, on ne pouvait rien faire contre eux. Mais il s'agissait d'un incident isolé. Un des rares épisodes négatifs d'une saison. Cela ne remet en rien en cause notre niveau de compétitivité : nous avons gagné trois courses et réalisé quatre poles sur cinq. Il n'y a donc pas péril en la demeure même si nous respectons nos rivaux qui sont très forts et très fiables cette année. Il faut donc continuer à travailler, progresser davantage qu'eux. C'est un challenge excitant."

Particulièrement malchanceux sur les deux dernières courses, Kimi Raikkonen accuse désormais un retard de 15 unités sur les pilotes McLaren. Reste-t-il pour autant toujours dans la course au titre ?

"Bien sûr. Cela demeure toujours très ouvert. S'il restait deux GP à disputer, je vous répondrais que c'est impossible. Mais avec 12 courses encore au programme, tout reste possible. L'an dernier, on a résorbé un retard bien plus grand que cela."

Qu'attendez-vous de la tournée américaine ?

"Que ce soit ici à Montréal et certainement à Indianapolis où l'on a toujours bien marché, on va rejouer la gagne."

Felipe Massa ne pointe qu'à 5 unités des McLaren. Est-il dès lors en passe de devenir le numéro 1 de l'équipe ?

"Non. Nous avons deux numéros 1 sur un strict pied d'égalité. Il est trop tôt pour commencer à avantager l'un ou l'autre. Dimanche soir, ils peuvent de nouveau se retrouver ex aequo. Honnêtement, je ne saurais pas vous dire à l'heure actuelle lequel est le plus fort des deux."

Jusqu'à quand n'imposerez-vous pas de consignes visant à favoriser l'un au détriment de l'autre ?

"Les consignes sont interdites par la FIA ! Tant qu'ils ont tous les deux encore des chances de décrocher le titre, ils peuvent jouer leur carte personnel- le."

Comment se passe l'intégration de Raikkonen dans le team ?

"Très bien. Kimi n'est pas un grand communicateur. Il est plutôt timide. Mais c'est un professionnel sérieux. Il s'investit dans le travail et a du talent. Il lui faut peut-être juste encore un peu de temps pour s'habituer à nos méthodes de travail. Mais il aime l'équipe et vice versa."

Après une décennie de domination d'un seul homme, pensez-vous pouvoir gérer le conflit interne entre deux jeunes loups ?

"Selon moi, avoir deux pilotes très forts sur une monoplace compétitive est plutôt un avantage. On ne peut pas rêver mieux."

Michael Schumacher vous manque-t-il ?

"En tant que pilote, c'est évident. C'est un meneur d'hommes, un très grand champion. Mais nous sommes amis pour la vie. On se voit et on s'entend entre les courses. Nous n'avons pas coupé les ponts. Et puis, il est déjà venu sur deux GP cette année. Et il y en aura d'autres. Sa présence est toujours très enrichissante et motivante pour l'équipe."

Suivez-vous quelques jeunes pilotes en particulier ?

"Oui, spécialement deux. Je vais vous donner leurs noms : Felipe Massa, qui a 26 ans, et Kimi Raikkonen, âgé, lui, de 27 ans. La stabilité est un atout. Nous sommes donc partis avec eux pour de longues années..."



© La Dernière Heure 2007