C'est une figure à la fois respectée et controversée du sport automobile qui vient de tirer sa révérence. Les médias britanniques, appuyés par les propos de l'ancien grand argentier de la F1 Bernie Ecclestone, annoncent le décès de Max Mosley. Le Britannique, qui fut président de la Fédération Internationale de l'Automobile de 1993 à 2009, était âgé de 81 ans.

Fils de leader fasciste au Royaume-Uni, Oswald Mosley, celui qui a brièvement couru en monoplace dans les années 60 a réellement commencé à "peser" dans le paysage des sports mécaniques en prenant part à l'aventure March en 1969. Le "M" du constructeur anglais est d'ailleurs celui de Mosley. A la fin de la saison 1977, fatigué de se démener en tant que responsable d'une équipe de F1, il cède ses parts à Robin Herd pour travailler à temps plein pour la FOCA, l'association des constructeurs de F1. Au début des années 80, lors de la guerre FISA-FOCA, il est chargé de représenter cette dernière. Il finira par disparaitre de la F1 en 1982, un an après la ratification des premiers accords Concorde dont il aura contribué à la rédaction.

Quatre ans plus tard, après avoir brièvement travaillé pour le parti conservateur britannique, Mosley revient en F1 avec les appuis de Jean-Marie Balestre et Bernie Ecclestone pour diriger la commission constructeurs de la FISA. L'avocat britannique va dès lors amorcer son ascension. En 1991, il se présente face à Balestre pour devenir président de la FISA. Il souhaite remettre de l'ordre dans une fédération mal administrée selon ses dires. Face à un Balestre que certains estiment comme étant omnipotent et despotique, son discours séduit : il est élu avec 43 voix contre 26 pour le Français !

En 1993, la FISA est absorbée par la FIA et devient sa branche sportive. Mosley en devient donc le président. Ses mandats seront marqués par les croisades pour une meilleure sécurité suite aux décès d'Ayrton Senna et Roland Ratzenberger. Quelques années plus tard, le système HANS visant à éviter le coup du lapin en cas de choc frontal sera introduit puis rendu obligatoire. Sous sa présidence, la F1, joyau des compétitions reconnues par la FIA, connaîtra diverses polémiques, dont le sketch du GP des USA 2005 où toutes les voitures chaussées en Michelin se sont retirées, sans oublier le Spygate de 2007.

La chute de Mosley sera accélérée fin 2008 quand un tabloïd anglais dévoile une vidéo où le président de la fédération est en train de participer à une orgie sado-masochiste à caractère nazi. Plusieurs mauvaises langues raconteront que ce serait Ron Dennis en personne qui l'aurait piégé, les deux hommes se détestant ouvertement. S'il conserve la confiance de la FIA, Mosley annonce en fin d'année qu'il ne se représentera aux élections prévues en 2009. C'est Jean Todt, l'ex-team principal de Ferrari, qui lui succèdera, le Français étant toujours en activité aujourd'hui.

Après avoir remis son tablier de président de la FIA, Mosley deviendra en 2011 le président de GlobalNCAP, une association sans but lucratif dont l'objectif est de rendre tous les nouveaux véhicules plus sûrs pour les usagers du quotidien. Il demeurera néanmoins un observateur avisé de la F1, approuvant notamment les nouveaux moteurs V6 turbos hybrides, les anciennes mécaniques atmosphériques ayant fortement entravé son ouïe après plus de 40 ans d'écoute sur les circuits.