La F1 est déjà à Francorchamps

Formule 1

Olivier de Wilde

Publié le

La F1 est déjà à Francorchamps
© BELGA

Tout n'est pas parfait mais la bonne volonté est là

Le classement du championnat du monde

FRANCORCHAMPS Cette fois, on y est. Deux mois après une répétition générale globalement réussie avec trois jours de tests suivis par un public nombreux, le grand cirque de la F1 replante, enfin, son immense chapiteau dans l'enceinte de Spa-Francorchamps.

Après une année sabbatique suite à la faillite financière de Didier Defourny Grand Prix et aux promesses non tenues de certains hommes politiques, le Grand Prix de Belgique est de retour au milieu des verts sapins de notre belle Ardenne. Avec un nouvel organisateur belge (voir son interview ci-dessous) proche du circuit et de Bernie Ecclestone, avec de nouvelles immenses infrastructures pas encore toujours très fonctionnelles ou pratiques mais répondant aux standards modernes de la F1 et avec un tracé retouché (notamment la nouvelle chicane) et sécurisé en plusieurs endroits. Budget total des travaux : 20 millions d'euros. Coût réel du chantier : 25 % en plus. Et encore, on a tenté de faire des économies. Un petit exemple absur- de juste pour rire ? Avec une seule clé à 2 euros, vous pouvez ouvrir quasiment toutes les portes (et les bureaux) à l'intérieur de l'immense paquebot abritant les nouveaux stands.

Bon, cela dit, tous les amateurs de sport automobile belge et de sport tout court d'ailleurs sont bien sûr très heureux de pouvoir accueillir à nouveau les monoplaces et les pilotes les plus rapides du monde pour le dernier rendez-vous européen de la saison. Même si tout n'est pas parfait (cela ne le sera jamais en Belgique et surtout pas à Francorchamps), la volonté de bien faire est réelle. L'enthousiasme de Libert Froidmont, nouveau directeur du circuit, et d'André Maes, président de Spa Grand Prix, est communicatif. Leur compétence est évidente. Ils méritent de réussir un pari pas gagné d'avance : celui de faire du GP de Belgique une entreprise rentable. Ou du moins pas trop déficitaire. Car la Région wallonne en a marre de financer avant, puis d'éponger après.

Un des plus grands événements sportifs au monde

Cela dit, même si cela coûte inévitablement au contribuable, cela lui rapporte aussi. En terme de recettes directes pour les commerçants de la région, au niveau de l'image pour les autres. Sans pilote au plus haut niveau depuis 14 ans, on peut être fier d'avoir au moins encore un Grand Prix.

Pendant quatre jours, Francorchamps sera au coeur du monde et de l'actualité sportive même si Paris lui volera la vedette jeudi avec le dénouement de l'affaire d'espionnage ajoutant encore pas mal de tension à cette fin de saison pour le moins disputée entre McLaren, Ferrari et leurs quatre as : Lewis Hamilton, Fernando Alonso, Kimi Raikkonen et Felipe Massa. Hormis la Coupe du Monde de football, les Jeux Olympiques et le Tour de France, aucun autre événement sportif ne suscite autant d'intérêt à travers la planète. Même pas le rugby ou le tennis.

Et beaucoup de fans américains, australiens ou asiatiques connaissent plus le nom de Francorchamps que celui de Bruxelles. On peut donc estimer que les 20 millions de travaux étaient en quelque sorte d'intérêt général. Dommage simplement pour notre bonne réputation que tout n'ait pas été savamment calcu- lé. En cas de forte pluie dimanche, la ligne droite de départ risque de se transformer en lac condamnant le GP à la noyade.

Et il aura fallu attendre hier que tous les semi-remorques, partis dimanche soir de Monza, soient arrivés à Francorchamps pour les placer dans le bon ordre derrière leurs boxes. Car le paddock supérieur est désormais trop petit pour permettre à un truck de manoeuvrer et de s'intercaler. Voilà qui promet déjà un beau casino dimanche soir après la course... Mais peu importe le bordel dans les coulisses, l'important est que les tribunes soient bien remplies et que, sur la piste, le spectacle soit de qualité.



© La Dernière Heure 2007

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