GP Japon. Hamilton a pris une option sur le titre. Alonso K.-O.

FUJI Les millions de fans qui se sont levés tôt pour assister au départ du Grand Prix du Japon, de retour au Mont Fuji après trente ans d'absence, ont d'abord regretté d'avoir quitté leur couette. Alors qu'on avait écourté notre sommeil pour assister au duel tant attendu au premier freinage entre les deux principaux candidats au titre, Lewis Hamilton et Fernando Alonso, tous deux en première ligne, on se rendormit en voyant tourner les monoplaces pendant dix-neuf tours... derrière la voiture de sécurité !

En cause, comme la veille, des conditions météorologiques à nouveau détestables avec pluie et brouillard. C'est pourtant déjà dans cette première longue période de neutralisation que les pilotes Ferrari, en deuxième ligne, perdirent toute chance de succès avec deux fautes de Massa, mais surtout deux retours rapides au stand pour changer leurs gommes intermédiaires contre les pneus à conditions extrêmes imposés par la direction de course avant le départ. Un message que Jean Todt et les siens auraient reçu trop tard... En queue de peloton, les deux pilotes de la Scuderia ramèrent ensuite pour remonter dans le brouillard du peloton. Et durent, en outre, s'arrêter une deuxième fois pour ravitailler alors que tous les ténors ne s'arrêtèrent qu'une fois. Un nouveau beau couac des Rouges .

Après une demi-heure au ralenti, malgré les craintes de certains anciens pilotes trouvant les conditions trop dangereuses, la direction de course libérait enfin la meute. Et le duel tant attendu tournait court. Le seul à voir plus ou moins quelque chose, le leader Lewis Hamilton prenait facilement le large. Dans son sillage mais aussi dans son spray, l'Espagnol perdit vite quelques longueurs. Après huit tours de réelle course, on assista au premier tournant. Pointé à trois secondes de son équipier, le double champion du monde ravitaillait et repartait huitième, englué dans un trafic l'obligeant de piloter à l'aveuglette.

Un tour plus tard, Hamilton repassait lui aussi par son stand, mais rejoignait la piste en quatrième position, laissant quelques instants de gloire aux leaders successifs. Avant que le prodige britannique ne retrouve son leadership non sans avoir connu une grosse frayeur en étant poussé en tête-à-queue par Kubica au 34e tour. Pendant ce temps, Fernando Alonso sentant son équipier s'envoler et la victoire lui échapper s'énerva. On le vit d'abord commettre une faute seul, puis s'accrocher avec Vettel avant de commettre l'irréparable en tapant violemment le mur au 42e tour après être sorti un peu trop large.

En pleine attaque pour remonter le courant, le Matador enregistrait son premier abandon de l'année. Et voyait sans doute s'envoler d'un seul coup avec la fumée de sa McLaren disloquée ses espoirs de décrocher une troisième couronne consécutive. La voie royale au Japon était, dès lors, toute tracée pour son équipier Lewis Hamilton, superbe de maîtrise dans des conditions de piste et psychologiques difficiles.

Un succès, son quatrième cette saison encore facilité par l'accrochage derrière la voiture de sécurité de Webber et Vettel, alors deuxième et troisième. Kovalainen héritait ainsi de la deuxième place et résista admirablement aux attaques dans les derniers tours de son compatriote Kimi Raikkonen.

Après être rentré pour ne pas tomber en panne, Massa nous gratifia aussi d'une passe d'armes d'anthologie avec Kubica dans le dernier tour. Un grand moment de F1. Et un grand moment pour la F1 que de voir ce flamboyant et charismatique Lewis Hamilton marcher sur l'eau.



© La Dernière Heure 2007