Après le retrait de McLaren dont un membre a été testé positif au coronavirus, d'autres forfaits risquent de suivre. Teams et pilotes mettent la pression sur la FIA pour annuler pour cas de force majeur. Mais cela conduirait les organisateurs à la faillite...

Avec le décalage horaire, les premiers essais libres en vue du GP d'Australie devraient débuter à 2h du matin la nuit prochaine à Melbourne. Mais les Formule 1 vont-elles réellement monter en piste, le GP ne va-t-il pas être annulé en dernière minute pour cas de "force majeure" comme l'a déjà été le Rallye d'Australie WRC il y a quatre mois en raison des incendies?

En début de soirée, McLaren a en tout cas été la première écurie à prendre ses responsabilités. Déclaré positif au coronavirus, un des membres de son écurie a été mis en quarantaine et l'équipe qui a voyagé avec lui n'a pris aucun risque, pour elle-même et pour les autres, en ayant le courage de déclarer forfait.

D'autres écuries seraient aussi touchées. On parle de deux personnes en attente des résultats du test chez Haas GP et les rumeurs évoquent aussi que l'écurie Renault pourrait être atteinte. Des consignes strictes ont en tout cas été données à leurs membres et pilotes, Esteban Ocon apparaissant dans le paddock muni d'un masque noir.

Si les jeunes n'osent encore rien dire et pour certains veulent courir, les anciens champions, plus sages, ont pris la parole et prônent une annulation: "Si c'était à nous de choisir, on ne serait pas ici," a déclaré le doyen de la F1 Kimi Raikkonen. "Si les équipes pouvaient prendre la décision, on ne roulerait pas. Il faut se rendre compte que la situation est grave. Les Etats Unis, l'Italie et d'autres bientôt ferment leurs frontières et nous on va faire la course. Ce n'est pas la bonne chose à faire. J'ai entendu qu'il y a déjà des gens tombés malades dans le paddock."

Le sextuple champion du monde Lewis Hamilton s'est montré encore plus virulent dans ses propos en conférence de presse:

« Je suis franchement très surpris que nous soyons tous ici assis dans cette salle, Je pense que c’est génial que nous puissions avoir des courses, mais pour moi c’est choquant dans ces circonstances. Il semble que le reste du monde réagisse, probablement un peu tard, mais déjà ce matin nous avons vu Donald Trump fermer les frontières entre l’Europe et les États-Unis, la NBA suspendre toutes ses compétitions. Mais la Formule 1, elle, continue… C’est inquiétant pour les locaux de voir tant de monde arriver en provenance d’Europe. Je suis personnellement inquiet aussi pour ma santé. Mais l’argent est roi vous savez…. Tout a l’air de se dérouler normalement ici. Mais en réalité, rien n’est normal. »

Si, sous la pression de certains teams, la FIA et Liberty Media ne prennent pas la décision d'annuler le GP, seule une décision d'urgence du gouverneur de l'Etat de Victoria pourrait empêcher la course d'avoir lieu dimanche. Mais les enjeux financiers sont énormes et une annulation ce vendredi risquerait de provoquer la faillite des organisateurs obligés de rembourser le public. Même si dans un cas de force majeure pareil, les fans pourraient sans doute comprendre. La vie et la bonne santé d'un et à fortiori plusieurs hommes n'a pas de prix. Et vaut sans doute la perte de millions d'euros.

Avec le virus désormais dans le paddock, même une course à huis-clos ne garantirait plus la non propagation de la maladie. Aujourd'hui, bien se laver les mains ne suffit visiblement plus. Et les dirigeants ne doivent justement pas s'en laver les mains...