Le Grand Prix de Monti Carlo

Formule 1

O. d.W.

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Le Grand Prix de <i>Monti</i> Carlo
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Juan-Pablo Montoya et Williams-BMW renouent enfin avec le succès

MONACO L'attente aura été longue. Quinze mois pour Williams-BMW depuis la victoire de Ralf Schumacher en Malaisie. Six de plus pour Juan Pablo Montoya dont le premier et... dernier succès remontait au GP d'Italie 2001. Mais leur patience aura finalement été superbement récompensée. Hier, le petit homme de Bogota a enfin vaincu le signe... colombien en remportant la course la plus prestigieuse, la plus belle et sans doute la plus difficile du calendrier F 1. Un bonheur que Frank Williams et son ingénieur en chef Patrick Head n'avaient plus connu depuis vingt ans, à l'époque de Keke Rosberg. Un honneur princier réservé aux plus grands auquel n'avait encore jamais eu droit BMW qui ne devrait, dans l'euphorie, pas tarder à prolonger son bail avec l'écurie de Grove. «Je suis bien sûr content pour toute l'équipe qui n'a jamais baissé les bras malgré nos récentes désillusions, déclara un Monti en pleurs dans son casque en franchissant la ligne le bras tendu. Mais je voulais surtout gagner pour moi. Cela faisait trop longtemps... L'an dernier, je n'avais réussi à transformer aucune de mes sept poles. Parfois à cause d'erreurs. Souvent en raison de défaillances mécaniques comme ici par exemple. Ce manque de réussite commençait à me peser. La pression devenait de plus en plus forte. Je suis soulagé."

Trop vite comparé à Ayrton Senna lors de ses débuts en 2001, le charismatique et vaillant champion de Cart se fit vite remarquer par son franc-parler, son tempérament de feu et ses bras de fer avec Schumi. Préféré au sein du team à son équipier Ralf Schumacher, il mit cependant du temps à confirmer tous les espoirs placés en lui. Et commençait même à décevoir. Un peu comme la FW 25 en ce début d'année même si sans un stupide tête-à-queue il aurait dû s'imposer dès l'Australie. «Nous sommes désormais redevenus compétitifs. Nous comprenons mieux notre monoplace. En Autriche, j'aurais déjà pu gagner si mon moteur n'avait pas surchauffé lors des trois procédures de départ. Si on continue à ce rythme, le titre n'est peut-être pas définitivement perdu», estime le sud-américain.

Troisième sur la grille, El Gringo remporta en fait son duel avec le leader du Mondial Kimi Raikkonen dès le départ. «J'ai trouvé la bonne traction, lui pas, expliquait-il après avoir été ovationné par la presse. On s'est ensuite efforcés, Ralf et moi, de creuser un écart sur la McLaren car on se doutaient qu'elle allait ravitailler un peu plus tard."

Il égale déjà Graham Hill

Revenu dans la boîte de vitesses de son équipier au moment du premier arrêt, il ne restait plus à celui que d'aucuns voient déjà remplacer Schumi dans le futur chez Ferrari qu'à doubler le poleman lors des ravitaillements. «J'étais plus rapide que lui. Hormis lors des premières boucles où il a profité d'une pression de pneumatiques plus haute. En produisant mon effort lors des 2 tours supplémentaires avant mon premier pit-stop, je l'ai passé. J'ai ensuite continué à attaquer jusqu'au moment où j'ai vu que Raikkonen repartait derrière moi. Je n'avais dès lors plus qu'à gérer mes pneus Michelin, excellents, et la pression du Finlandais grâce auquel je suis resté concentré jusqu'au bout. Merci à lui. Une victoire ici, c'est vraiment formidable. J'ai un peu le même feeling qu'après avoir remporté les 500 Miles d'Indianapolis en 2000. C'est LA course de l'année."

Un doublé historique que seul Graham Hill, également lauréat des 24 Heures du Mans, a réussi avant lui. «Je suis très heureux pour mon ami Juan Pablo, s'exclamait Bernie Ecclestone après que son épouse Slavica et ses deux filles aient congratulé le héros du jour. La F 1 a besoin de pilotes comme lui. Pour moi, c'est le podium idéal."

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