Vettel et Red Bull n’ont jamais volé au Québec

MONTREAL Si l’on parle avant tout dans le paddock de Montréal de l’affaire Mercedes et de la dégradation des nouveaux pneumatiques Pirelli testés hier lors des premiers essais libres, n’oublions tout de même pas le sport.

Deux semaines après Monaco, Montréal offre un tout autre cadre pour ce septième rendez-vous de la saison. Un circuit non permanent à l’ancienne tracé sur l’île Notre-Dame avec des virages rapides, de nombreuses possibilités de dépasser (surtout avec deux zones DRS), une forte probabilité de crashes, de safety cars et donc de courses à rebondissements. Généralement, on ne s’ennuie jamais sur les bords du Saint-Laurent.

Le GP du Canada est aussi une des rares courses où Red Bull et Sebastian Vettel n’ont jamais réussi à s’imposer. On se rappelle de ce GP 2011, le plus long de l’histoire où, après une interruption de plus de deux heures, le champion du monde, à l’agonie avec ses pneus (déjà !) s’était fait doubler dans le dernier tour par Jenson Button.

Sur le papier, deux noms se dégagent : McLaren et Lewis Hamilton. L’écurie de Woking a remporté cinq des sept dernières éditions, trois fois avec le Britannique. Le hic est que ce redoutable binôme n’existe plus. Lewis a suivi sa bonne étoile chez Mercedes où il a un peu de mal à s’habituer au système de freinage. Résultat : les dernières poles et le succès monégasque sont revenus à son équipier, Nico Rosberg. Mais dans le collimateur de la FIA et de tous ses rivaux après la malheureuse affaire des tests privés secrets avec Pirelli, Mercedes a plutôt intérêt à faire profil bas pour ne pas aggraver son cas et donc à ne surtout pas gagner. Enfin, favoris des qualifs de cet après-midi (19h), ils ne devraient pas trop tirer le frein à main en course. 1.000 bornes de tests ne peuvent pas avoir transformé une dévoreuse de gommes en machine à collectionner les trophées. Gageons donc que Mercedes rentrera vite dans le rang duquel n’a pas encore réussi à sortir cette année son ex-partenaire privilégié McLaren.

“Mais à Montréal tout est possible” , s’automotive Button, lauréat voici deux ans. “On progresse pas à pas et s’il y a bien un GP que l’on peut remporter sans disposer de la meilleure auto, c’est celui-ci.”

C’est sans doute ce que pense aussi Kimi Raikkonen. Percuté par Pérez à Monaco, le pilote Lotus a réussi à sauver une petite unité. Assez pour pouvoir égaler ce week-end le record de vingt-quatre courses d’affilée dans les points établi entre la Hongrie 2001 et la Malaisie 2003 par Michael Schumacher ? Relégué à 21 longueurs de son ami (et futur équipier ?) Vettel, Iceman doit réagir. “L’objectif est de réduire l’écart au Championnat” , répète-t-il.

C’est également le but de Fernando Alonso lors d’un GP qui n’a plus souri à Ferrari depuis 2004. Troisième à 29 unités, le vainqueur de 2006 (avec Renault) veut absolument se relancer dans la course au titre. Et espère qu’une fois encore les Red Bull ne s’envoleront pas sur l’île Notre-Dame.



© La Dernière Heure 2013