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BRUXELLES Michael Schumacher, qui va reprendre fin août un volant Ferrari, a marqué d'une empreinte indélébile la Formule 1 dont il a conquis la quasi totalité des records, mais malgré des statistiques forçant l'admiration, il n'a pas l'aura de certains de ses prédécesseurs.

A 40 ans, il remplacera son ancien coéquipier Felipe Massa, hospitalisé après son accident en Hongrie, au sein de la Scuderia Ferrari, à qui il a intimement lié son nom, son immense talent, sa carrière et sa popularité.

Il n'est pas revenu des morts comme Niki Lauda. Il n'a pas croisé la Camarde au sommet de son art comme Jim Clark. Il n'irradie pas de lueur mystique comme Ayrton Senna. Il n'a pas l'étoffe d'un héros à la Juan Manuel Fangio. Il n'a pas la bonhomie de Keke Rosberg. Il est loin de la classe "so british" de Jackie Stewart. Il n'a pas la tête brûlée de Nigel Mansell, ni l'humour déjanté de Nelson Piquet. Mais statistiquement, il est le plus grand !

Sans jamais se montrer un élève surdoué, Schumacher fait ses classes en kart, Formule Ford et F3, avant d'intégrer le "junior team" de Mercedes avec Heinz-Harald Frentzen et Karl Wendlinger. En 1989, il attire l'attention au volant d'un prototype Mercedes à Macao et Fuji. Et en 1991, il fait son entrée en F1, à Spa-Francorchamps, au volant d'une Jordan.

Quelques tours du toboggan belge et Flavio Briatore, alors patron de l'écurie Benetton, débauche l'Allemand qui obtient trois ans plus tard son premier titre mondial.

Arrivé en 1996 au siège de Ferrari, à Maranello, riche de deux titres personnels consécutifs et fort d'un caractère bien trempé, Michael Schumacher met quatre saisons avant de s'imposer durablement au pouvoir.

Sous la direction de Jean Todt - "père sportif" qu'il ne manquait pas de venir embrasser avant de quitter le paddock tous les soirs - il réussit à remettre Ferrari au sommet de la hiérarchie du sport automobile, ce que même Alain Prost n'avait pas su faire.

Aucun pilote de la Scuderia n'avait plus coiffé la couronne mondiale depuis 1979, mais l'Allemand drape d'un voile rouge le championnat pilotes de 2000 à 2004 inclus. Et à partir de 1999, la Scuderia enchaîne six titres de constructeurs, une distinction qui la boudait depuis 1983.

Mais en 2005, le jeune prodige espagnol Fernando Alonso renverse de son piédestal un Schumi abandonné par sa cavalerie, la monoplace F2005 se montrant incapable de rivaliser. L'envie de gagner pousse cependant Schumacher à honorer sa dernière année de contrat avec la Scuderia en 2006, où il rivalise longtemps pour le titre.

Un autre des exploits de Schumacher est d'avoir su se ménager une vie privée de bon père de famille à l'écart des regards indiscrets. Ce multi-millionnaire, trop connu pour vivre à Monaco, s'est fait construire une propriété domaniale en Suisse et possède également des maisons de vacances en Norvège et aux Etats-Unis, pays où il passe plus inaperçu.

Tout au long de ses 16 années en F1 - dont 11 chez Ferrari -, il n'a jamais perdu sa rage de vaincre. Sans pour autant devenir le seigneur de la jungle des circuits qu'il aurait pu être.

L'accrochage avec Damon Hill qui lui a valu le titre en 1995 et celui avec Villeneuve qui lui a valu l'exclusion du Championnat 1997, symbolisent un jusqu'au-boutisme qui a pu indisposer une partie du public.

© La Dernière Heure 2009