Avec Cannes, l’endroit où les appareils photos crépiteront ce week-end

MONACO Pour notre 20e année de couverture de l’événement, nous avons décidé de tordre le cou à certains clichés monégasques...

1Monaco est une loterie

FAUX

Signer la pole entre les glissières de ce GP disputé dans l’une des capitales du jeu, n’a rien d’un jeu de hasard. S’il faut un brin de réussite pour ne jamais partir à la faute, on ne s’impose jamais en Principauté par chance. Monaco est plutôt un grand stratégo où la tactique joue un rôle prépondérant. “Ici on ne se bat pas contre les autres” , explique Alonso visant le podium, si possible devant Vettel et Raikkonen. “Le samedi, on défie le chronomètre et les rails que l’on lèche à au moins deux endroits. Le dimanche, on lutte contre soi-même et pour préserver sa mécanique, éviter les accidents.”

2Il faut partir en pole pour gagner la course

FAUX

Sur les 59 éditions du GP, le poleman ne s’est imposé qu’à 29 reprises, un peu moins de 50 %, ce qui est moins, par exemple, que pour le GP d’Espagne. 39 fois sur 59, le vainqueur s’est élancé depuis la 1re ligne. Mais sur la dernière décennie, le poleman a gagné 8 fois sur 10! Grandes favorites pour la pole de ce samedi, les Mercedes de Rosberg et Hamilton n’auront donc pas encore course gagnée. “Avec un ou deux arrêts maximum, tout va se jouer dans les stands !” estime Alonso.

3Il est impossible de dépasser sur ce tourniquet

FAUX

Ce cliché ne résiste pas aux chiffres. En 2010, Alonso (Ferrari) s’est élancé 24e et classé 6e, soit un gain de 18 places, 3 de mieux que l’ancien record de Schumi . On se souviendra aussi des fantastiques remontées de Vittorio Marzotto, lauréat après s’être élancé du 11e rang, de Maurice Trintignant en 1955 (parti 9e) ou de Jochen Rindt (parti 8e) victorieux après la sortie de route de Jack Brabham dans le dernier virage. Mais c’était à une époque où les monoplaces n’avaient pas la fiabilité d’aujourd’hui. A contrario, on garde en mémoire le calvaire de David Coulthard bloqué pendant 45 minutes derrière la modeste Arrows de Bernoldi, ou le vain forcing de Nigel Mansell derrière Senna en 1992. Depuis, les rues ne sont pas devenues plus larges, mais les artifices du KERS et du DRS favorisent les dépassements.

4Ce GP est le plus lent de l’année

VRAI

En bouclant les 78 tours du GP 2012 en 1h46.06, Webber avait une moyenne de 147,312 km/h, soit moins de 2 km/h de moins qu’à Singapour. Mais en Principauté, la distance est de 260 km pour 309 à Singapour ou 306 à Budapest (le 2e circuit le plus lent de l’année se boucle quand même à 182 km/h de moyenne). Si l’épingle du Loews est le virage le plus lent du championnat (moins de 50 km/h en première), le droite du tunnel passant sous le même hôtel Fairmont est, avec une vitesse de 280 km/h, le virage le plus rapide du championnat.

5Il fait toujours beau

FAUX

Les GP disputés sous la pluie ne manquent pas. Comme en 1972, 1982, 1983, 1984 (avec le directeur de course Jacky Ickx offrant la victoire à Prost en agitant le drapeau rouge alors que Senna remontait), mais aussi 1996 (succès improbable de la Ligier de Panis), 1997 et plus récemment 2008, ce qui avait réussi à... Hamilton.

6Le GP le plus glamour

VRAI

Monaco est LE GP Bling Bling , avec ses rutilantes GT et ses superbes hôtesses ou James Bond Girls bronzant topless sur les ponts de yachts. Les VIP, acteurs, chanteurs ou autres célébrités, se bousculent sur une grille de départ aux allures de croisette le jour de la remise des Palmes d’Or au Festival de Cannes.

7Le GP le plus médiatique

VRAI

Qu’on aime ou pas tourner sur le carrousel monégasque, Monaco est le GP le plus regardé: 1 milliard de téléspectateurs suivent cette course pourtant souvent ennuyeuse, mais où le risque d’accident est omniprésent. “Avec Indianapolis et le Mans, c’est la course la plus connue au monde. Une victoire ici vaut quasi un titre mondial en termes de notoriété !” estime Fernando Alonso. “Même si elle ne rapporte que 25 points comme les autres...” embraye Kimi Raikkonen. “Tout le monde rêve de gagner au moins une fois cette course dans sa carrière…” conclut Lewis Hamilton.

8Le plus proche du public

VRAI

S’il s’agit du GP le plus lent, l’impression de vitesse pour les spectateurs n’est jamais aussi grande que dans les rues de la Principauté: les tribunes sont proches de l’action, et le bruit des V8 résonnant dans la ville avec un son assourdissant renvoyé par les montagnes participe à ce sentiment de vitesse.

9Il y a toujours des crashes

FAUX

On se souvient de l’envolée à Saint-Dévote de la Tyrrell de Derek Daly lors du départ en 1980, de la faute de concentration deSenna laissant la victoire au Portier en 1988, du jeu de massacre sous la pluie en 1997, de la course par éliminations de 1996 avec trois voitures seulement à l’arrivée, des accrocs au départ en 1990 (Berger-Prost) ou de 1995 (Alesi, Berger, Coulthard) ou encore de la collision sous safety car dans le tunnel entre Montoya et Schumi en 2004.

10 Omniprésente safety car

FAUX

Si le GP de Monaco a été neutralisé à 8 reprises lors des 10 dernières éditions avec un total de 14 interventions des safety car , le record revient au GP de Singapour qui n’y a jamais échappé depuis sa création en 2008. Monaco a été arrêté au drapeau rouge à 5 reprises...



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