Monaco plus ouvert que jamais

Formule 1

O. d.W.

Publié le

Monaco plus ouvert que jamais
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Ralf Schumacher en pole, son frère seulement 5e
La grille de départ

ENVOYÉ SPÉCIAL EN PRINCIPAUTÉ OLIVIER DE WILDE

MONACO Souffrant d'un léger complexe d'infériorité par rapport à un illustre frangin dont il n'égalera jamais le glorieux palmarès, pas trop bien dans ses pompes et ses réglages depuis le début de saison chez Williams-BMW, en délicatesse avec le nouveau système de qualification sur un tour (hormis sa 1re ligne à Imola, il n'est jamais parti mieux que 6e), banni du podium depuis la Hongrie 2002, Ralf Schumacher a oublié toutes ses récentes frustrations en signant hier, à près de 160 km/h de moyenne entre les rails, une fabuleuse pole position, sa 2e seulement en 107 GP après celle décrochée à Magny-Cours en 2001. La première d'une Williams-BMW cette saison. «On vient de traverser une période difficile et ce résultat nous fait à tous le plus grand bien! s'exclamait, tout sourire, l'Allemand qui fêtera ses 28 ans à la fin du mois. La pole ici est la plus prestigieuse et la plus importante de l'année. Je ne pensais pas réussir cet exploit, même si je me doutais qu'avec plus de gomme sur la trajectoire, à une température idéale (32° sur la piste), nos Michelin nous permettraient de faire la différence par rapport à Ferrari.»

Si les pneus français (Bridgestone, 5e et 7e avec Schumi et Barrichello, ne place que deux voitures dans le Top 10) ont joué un rôle en renversant, comme prévu, la tendance par rapport à jeudi, la stratégie adoptée par les différents teams en parc fermé jusqu'au GP fut aussi prépondérante. «Nous avons certes réalisé notre moins bon résultat aux essais sur le circuit où la position sur la grille est la plus importante! analysait le directeur de la Scuderia Jean Todt. Mais tout dépendra de la quantité d'essence embarquée par chacun. Si l'on peut rester en piste plus longtemps que nos rivaux, nous avons encore toutes nos chances. »

Pour autant qu'il évite tout incident, puisse suivre en début de course le rythme des Williams-BMW (Montoya partira 3e) qu'on pouvait soupçonner d'être un peu moins chargées en carburant, et que le petit train roule en wagons serrés, Michael Schumacher peut donc rêver d'égaler le record de six succès monégasques du prince Ayrton Senna. Et de prendre pour la première fois de la saison, la tête d'un championnat toujours mené (pour 2 points) par Kimi Raikkonen qui aura l'avantage de s'élancer en 1re ligne. «J'espère récupérer la 1re place au départ où je penserai surtout à la victoire.»

De quoi mettre encore un peu plus de pression sur les frères Schumacher jouant gros à la roulette du grand casino: «Pourvu que personne ne fasse le fou au premier freinage de Sainte-Dévote», priait Ralf en s'adressant plutôt à son équipier où à un excellent Trulli (4e).

Avec les huit premiers - représentant les quatre écuries de pointe - en 6 dixièmes, ce GP s'annonce plus chaud (gare aux pénalités pour ceux qui, comme hier en F 3000, couperont la première chicane) et plus ouvert que jamais. Et comme le répétait le roi Michael: «Tout dépendra de la stratégie de chacun!»

Gageons qu'à ses côtés en 3e ligne après avoir signé un chrono à une seconde du record (1:14.7, soit 0:02 de mieux que la pole de Montoya en 2002) du nouveau tracé qu'il établit quatre heures plus tôt, le dernier vainqueur en Principauté David Coulthard (McLaren-Mercedes) partira aussi le réservoir et le moral gonflés à bloc.

Button sauvé par... Wendlinger

Il est secoué mais indemne après un crash à 294 km/h

MONACO On a franchement eu peur pour Jenson Button en voyant sa BAR partir en travers et se disloquer en heurtant violemment le rail à trois reprises, hier matin, au début de la seconde séance d'essais libres. Il était 10h20 lorsque l'espoir britannique de 23 ans perdit le contrôle de sa monoplace à la sortie du tunnel. L'endroit le plus rapide du circuit où il venait d'établir un nouveau record de vitesse à plus de 294 km/h. Au moment du freinage en descente, on vit sa monoplace toucher le mur à droite, rebondir à gauche, glisser sur une centaine de mètres avant de taper violemment à l'entrée du port, exactement à l'endroit où l'Autrichien Karl Wendlinger faillit perdre la vie voici déjà neuf ans suite à un terrible choc à la tête. Un accident à la suite duquel les protections en ce lieu très critique comme sur les F 1 furent renforcées. C'est ce qui a sans doute permis hier à Button de se sortir miraculeusement indemne du plus gros crash de sa jeune carrière.

Arrivés très rapidement, les services de secours mirent pourtant plusieurs minutes à sortir le pilote BAR d'une épave échouée dans l'échappatoire. «Jenson est toujours resté conscient et nous avons préféré prendre toutes les mesures de précaution pour le sortir à partir du moment où il n'y avait aucun risque», indiquait le docteur Sid Watkins.

Transporté en ambulance à l'hôpital Princesse Grâce de Monaco où il subit tous les examens de contrôle nécessaires avant de passer, par mesure de précaution, un scanner et au rayon-X, Button fut gardé en observation durant la nuit. «Jenson est physiquement OK et ne souffre que d'égratignures, rassurait son patron David Richards. Légèrement choqué, il se plaint uniquement de nausées ce qui est assez compréhensible compte tenu de la sévérité du choc. Dans ces circonstances malheureuses, nous avons préféré lui demander de ne pas disputer la qualification et lui prescrire 24 heures de repos. Le plus dur pour lui, c'est mentalement. Auteur du 3e chrono jeudi, il marchait très fort depuis le début du week-end et rêvait de réaliser un exploit dimanche.»

Ce n'est qu'après un nouveau check-up médical, ce matin, que le médecin de la FIA, le docteur Sid Watkins, et les responsables du team décideront s'ils donneront le feu vert à Jenson Button pour le Grand Prix de cet après-midi qu'il entamerait dès lors depuis les stands sans plus aucun espoir de bien figurer. Vraiment pas de chance diront certains même si, apparemment, il s'agirait bien d'une erreur de pilotage, le directeur technique Geoff Willis rejetant, a priori, l'hypothèse d'une casse mécanique. «J'ignore exactement ce qui s'est passé. Il doit y avoir un raccord à cet endroit où les monoplaces se délestent légèrement», a expliqué à son équipe un Jenson surtout blessé dans son orgueil. «J'ai sans doute dû frôler trop le rail à droite. Pas de bol.» En revoyant les images impressionnantes de cet accident, on peut pourtant penser que le jeune Britannique a, au contraire, eu beaucoup de chance...

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