Le triple lauréat canadien, Lewis Hamilton, prêt à faire oublier la bourde monégasque.

Récemment prolongé pour une décennie, le GP du Canada disputé sur l’île Notre-Dame est généralement l’un des plus attrayants de l’année. On ne se souvient pas de course ennuyante ici. Circuit à l’ancienne tracé sur les rives du fleuve Saint-Laurent, à un pont d’une ville de Montréal partageant chaleureusement sa passion pour la Formule 1, le théâtre populaire du septième rendez-vous de la saison de F1 a du caractère. Un peu à l’image du regretté Gilles Villeneuve lui ayant donné son nom. Une piste stop and go avec de longues lignes droites favorisant l’accélération et les meilleurs moteurs mais aussi des virages serrés sollicitant fortement les freins.

Un bon vieux circuit que les normes de sécurité modernes n’ont pas encore réussi à aseptiser, avec des courbes rapides et des enchaînements à l’aveugle encore dangereux, des rails ou murs parfois très proches comme le Welcome Québec bordant la ligne de départ.

Il se passe toujours quelque chose au Canada, seul Grand Prix remporté trois fois par un Belge, Jacky Ickx en 1969 et 1970 puis Thierry Boutsen en 1989. Lors des dix dernières éditions revenues à huit vainqueurs différents, on a assisté à quelques épreuves de folie. On se souvient du premier succès en F1 de Lewis Hamilton en 2007 (il y en eut deux autres en 2010 et 2012), du plus long GP de l’histoire (plus de 4h) en 2011 en raison de la pluie et de la victoire arrachée à trois virages de l’arrivée par Jenson Button au détriment du favori Vettel, de l’unique triomphe en F1 de Robert Kubica en 2008 un an après un terrible crash dans lequel il aurait pu perdre la vie. Sans oublier la déroute des Flèches d’Argent l’an dernier et du succès surprise de la Red Bull de Daniel Ricciardo après un strike dans le dernier tour entre Massa et Pérez.

Alors que nous réserve cette édition ? Lauréat des deux derniers GP, avec beaucoup de chance à la roulette monégasque, Nico Rosberg n’a encore jamais réussi à s’imposer au pays de la feuille d’érable. Revenu à dix unités de son champion d’équipier, l’Allemand sait qu’il va devoir rehausser son niveau s’il veut rivaliser à la régulière avec un Britannique bien décidé à faire oublier le flop stratégique d’il y a deux semaines.

"Lewis n’est jamais aussi fort qu’après un échec," sait pertinemment bien son voisin de stand et principal rival. "Trois victoires mais aussi trois abandons, j’ai souvent soufflé le chaud et le froid à Montréal, l’un de mes rendez-vous préférés," confie le n°1 mondial, excité comme un coucou. "Monaco est derrière nous. On en tirera les leçons. Dimanche, seule la première place comptera."

Voilà ses rivaux prévenus. Nico Rosberg en premier n’a qu’à bien se tenir. La voiture de sécurité, régulièrement en piste ici, ne le sauvera pas toujours d’une véritable humiliation...


Les jetons pour Ferrari et Honda

Derrière des Mercedes archi-favorites malgré leur surchauffe de freins de l’an dernier, les rivaux tentent de s’organiser. Ferrari a utilisé trois des nouveaux jetonsautorisés par le règlement pour faire évoluer son groupe propulseur. On annonce une montée en puissance de 20 à 30 chevaux pour atteindre 815 CV, soit 15 de moins à peine que le V6 Turbo étoilé dont deux nouveaux exemplaires seront montés, ce week-end, sur les monoplaces de Rosberg et de Hamilton. Mais on ignore encore si le nouveau bloc frappé du Cheval Cabré sera, lui, étrenné samedi. "Je ne veux pas donner d’information aux Allemands," a déclaré le patron italien Maurizio Arrivabene comme s’il partait en guerre. Chez McLaren par contre, c’est plus clair : les anciens vainqueurs Fernando Alonso et Jenson Button disposeront d’un Honda plus compétitif. De quoi leur permettre sans doute de viser un peu plus facilement la Q3 et des petits points. Quant à Red Bull, elle reste ici sur deux succès, mais n’attend guère de nouveau miracle. Le V6 Renault manque toujours de pêche et la remise à niveau n’est, hélas! pas prévue pour tout de suite…