Chaque pays a ses commentateurs iconiques. Mais tous les fans s'accordent à dire qu'il était l'incarnation de la Formule 1, tant sa voix était légendaire. Murray Walker, véritable légende du Circus, a rendu l'antenne pour de bon ce samedi. Le Britannique a rendu son dernier soupir à l'âge vénérable de 97 ans. Avec sa disparition, c'est une figure-clé des paddocks qui s'en va.

Murray Walker, c'est plus de 40 ans de présence en F1. Suivant les Grands Prix pour le compte de la BBC dès la fin des années 50, il ne raccrochera le micro qu'au soir du Grand Prix des États-Unis 2001. Néanmoins, on continuera à le croiser ponctuellement sur les circuits, des écuries ou des sponsors s'offrant ses talents de commentateur et son immense expertise de la discipline pour divertir des invités. Il commenta également les regrettées Grand Prix Masters en 2005 qui réunissaient des vétérans de la F1, dont Nigel Mansell, Ricardo Patrese ou notre Eric Van de Poele national.

Mais Walker, c'est avant tout un style unique et reconnaissable entre milles. Murray était connu pour ses envolées lyriques endiablées qui donnaient de l'intensité à l'action, ce que le téléspectateur appréciait. Un confrère dira : "Même quand il était calme, on avait l'impression que son pantalon était en feu". De 1980 à 1993, Walker accueillera dans sa cabine un consultant nommé James Hunt. L'association fera des merveilles, le champion du monde 1976 étant un fin analyste doublé d'une langue de vipère par moments. Il y eut des moments de télévision légendaires. On se souvient notamment de son émotion à l'arrivée du Grand Prix du Japon 1996, quand Damon Hill fut sacré champion du monde.

Au cours des dernières années de sa vie, Walker se battait contre un cancer lymphatique. Il s'était montré immédiatement optimiste quant à ses chances de guérison et suivait un traitement à cet égard.

Toutes les générations de fans de F1 ont quelque chose en elles de Murray Walker. Les aînés ont été bercés par ses commentaires à la télévision britannique tandis que ceux nés à la fin du siècle dernier l'ont d'abord connu grâce aux jeux vidéos sur Playstation avant de le redécouvrir devant les Grands Prix. So long, Murray !