La Gazzetta: "sanction dure mais pas si dure que ça". La presse ibère voit la possibilité pour Alonso de rompre son contrat et de rejoindre Renault


BRUXELLES La presse italienne regrettait vendredi le verdict de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) dans le cas d'espionnage de l'écurie McLaren-Mercedes sur sa rivale Ferrari, et parlait notamment d'un "jugement à la Ponce Pilate", tandis que la presse espagnole se montrait soulagée pour Fernando Alonso.

Ainsi, malgré l'ampleur des sanctions prises à l'encontre de McLaren-Mercedes, privée de tous les points (166) accumulés et à venir dans le Championnat du monde Constructeurs de F1 et condamné à 100 millions de dollars d'amende (environ 70 millions d'euros), le quotidien sportif La Gazzetta dello Sport parlait d'une "sanction dure mais pas si dure que ça".

"Alonso et Hamilton restent en tête du championnat du monde des pilotes, qui a le plus de prise sur le public... En fin de compte, le conflit entre Ferrari et McLaren se terminera à égalité", prévoit le quotidien qui parle d'"une décision à la Ponce Pilate" du Conseil mondial de la FIA.

Le Corriere della Sera, plus gros tirage de la presse italienne, dans un éditorial sous le titre "double hypocrisie", n'était pas plus d'accord avec l'instance internationale: "Hier a été une journée noire pour le sport et pour ceux qui croient que l'éthique est encore une valeur en Formule 1".

"La décision du Conseil Mondial est pire que ce que l'on pouvait imaginer, reprend Le Corriere della Sera. En tentant de sauver l'image et le mondial des pilotes, la McLaren paye mais seulement comme équipe (...)". "Justice n'a pas été faite", estime le journal qui accuse le Conseil Mondial de "ne pas être allé au fond de l'affaire".

Enfin, La Repubblica, sous le titre "Le dernier chapitre n'est pas encore écrit", craint que l'affaire ne s'arrête pas là et ne continue à empoisonner la F1.
"Un conflit suivi d'une sanction c'est bien, mais continuer à se regarder en chiens de faïence pour tous les prochains Grands Prix ne profitera à personne", conclut le quotidien.

Soulagement en Espagne

La presse espagnole se montrait elle très soulagée par le verdict de la FIA, qui n'empêchera pas l'Espagnol Fernando Alonso de briguer un troisième titre.
Les grands quotidiens nationaux consacrent vendredi tous leur première page à l'affaire et à la sanction record de 100 millions d'euros contre l'équipe McLaren-Mercedes.

Mais la presse espagnole relève surtout "qu'Alonso et Hamilton échappent à la sanction", comme le note El Pais en Une avant de consacrer trois pages intérieures à l'histoire.

"La dure sanction contre McLaren facilite la sortie d'Alonso de l'écurie à la fin de la saison", souligne pour sa part le quotidien La Razon. La presse sportive espagnol a beaucoup spéculé ces derniers temps sur le départ d'Alonso à la fin de la saison de l'écurie britannique.

Le coureur espagnol, déjà deux fois champion du monde avec Renault en 2005 et 2006 s'est refusé à tout commentaire depuis Spa-Francorchamps, où il se "concentre" sur le grand prix de Belgique, dimanche, rapporte ABC.

"Alonso va essayer de rompre le contrat qui l'unit à l'écurie britannique jusqu'à 2009", indique le journal sportif Marca, assurant que l'Espagnol "a déjà un engagement verbal avec Renault" pour rejoindre l'équipe française.

Ron Dennis, le patron de McLaren-Mercedes, a d'ailleurs indiqué jeudi que "rien n'était exclu" concernant l'avenir de ses pilotes et que "si un départ était souhaité par l'un d'entre eux, il se ferait d'un commun accord".

Alors qu'il reste quatre grands prix à disputer avant la fin de la saison, le Britannique Lewis Hamilton de McLaren-Mercedes est premier au classement des pilotes avec 92 points devant son équipier Alonso (89 pts).