La FIA donne des précisions sur l’affaire

MONACO L’histoire est invraisemblable. Comment un tel secret a-t-il pu être gardé pendant dix jours ? Dans la foulée du Grand Prix d’Espagne, Mercedes est resté sur le circuit Catalunya, les 15, 16 et 17 mai, pour y procéder à trois jours de tests privés avec Pirelli. Et jusqu’à ce que l’affaire éclate dimanche matin, rien n’avait filtré. À notre époque, il est dur d’imaginer que trois jours d’essais F1 puissent être menés sur une piste de Grand Prix, en périphérie de Barcelone, sans que personne ne soit au courant.

Pas une image d’un fan passant par là et entendant du bruit, pas une info sur le Net , pas un message d’un commissaire, d’un ambulancier ou d’un responsable de sécurité sur le Net , pas un tweet ni de fuites via l’hôtel où sont restés Hamilton et Rosberg. “Pourtant, nous ne nous sommes pas cachés !” se défendait Ross Brawn. “Ce n’étaient pas des tests secrets.”

Si une F1 tournait à Francorchamps après le Grand Prix de Belgique, même un seul jour, croyez bien que nous serions immédiatement au courant.

Finalement, c’est Lewis Hamilton qui a vendu la mèche. Lors d’une réunion, dimanche matin, de la Grand Prix Drivers Association , la langue du Britannique a fourché. “C’est, en effet, lui qui a parlé des tests menés la semaine dernière...” a déclaré Christian Horner, accusant Mercedes de “tricherie” .

Après que les commissaires sportifs leur ont renvoyé la patate chaude , la FIA a tenu à faire quelques précisions. “Début mai, Pirelli nous a demandé s’il était possible de mener quelques essais de développement avec un team et une monoplace actuelle…” a indiqué la FIA dans un communiqué officiel. “Nous leur avons répondu que, conformément à leur contrat, ils pouvaient effectuer 1.000 km avec un team, dans ce cas-ci Mercedes AMG, pour autant que tous les autres écuries en soient avisées et reçoivent la même opportunité afin d’assurer l’équité sportive. Suite à cette précision, nous n’avons plus entendu parler de ce test ni, encore, de la possibilité pour tous d’y prendre part.”

Et, bien sûr, personne n’a été prévenu… La FIA conclut en disant qu’elle pourrait mener l’affaire devant le Tribunal international et que ce dernier pourrait prendre des sanctions supérieures à celles qu’aurait pu prendre, dès dimanche, le collège des commissaires sportifs : cela peut aller de la suppression de points à la suspension pour un ou plusieurs Grands Prix à la grosse amende, voire à l’exclusion du Championnat pour non-respect du principe d’interdiction d’essais privés pendant la saison. Mais la FIA peut-elle prendre le risque de se mettre à dos l’un des plus gros constructeurs, motorisant six voitures et lui fournissant la safety car et tous les shuttles presse sur les Grands Prix ? Voilà une incroyable affaire dont on n’a pas fini d’entendre parler.



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