Ce double objectif sera aussi, quelque part, celui de Fernando Alonso, la vedette maison
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MELBOURNE Flash-back: à Budapest au mois d'août dernier, Renault, par le biais de ce diable de Fernando Alonso, renoue avec une victoire en GP qui la boudait depuis vingt ans exactement, et ce succès d'Alain Prost en Autriche le 14 août 1983. A côté de ce bouquet et des deux poles signées toujours par le jeune pilote espagnol, Renault s'est aussi clairement érigé en 2003 comme la quatrième force en présence du Championnat du Monde. L'écurie étant revenue aujourd'hui à l'utilisation d'un moteur en V de 72° (il était de... 71° lors du dernier titre mondial du moteur Renault en 1997 avec Williams) contre un moteur à 111° l'année passée qui empêcha les motoristes de lui insuffler beaucoup de chevaux sans le fragiliser, il semble que l'on puisse désormais jouer sans frein dans la cour des grands. «L'objectif est simple: si l'on veut viser le titre en 2005, il nous faudra impérativement nous situer dans le Top 3 cette année!» font noter sans ambages Patrick Faure et Flavio Briatore, respectivement le patron de Renault F 1 et son directeur général.

Et au banc d'essai, il appert que de toutes les écuries équipées de pneus Michelin, Renault est celle dont la compétitivité du moteur est la plus pointue dans la durée. «Un seul moteur capable de durer 700 ou 800 km, cela va dans le sens de l'économie mais aussi de la sécurité, estime encore Patrick Faure, car il va y avoir forcément moins de puissance pour tout le monde.»

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Le niveau de performance atteint est pour l'instant satisfaisant pour Flavio Briatore et ses ouailles, toutes impatientes de se mesurer à leurs principales rivales.

Et si on tient avant tout à mettre l'accent sur le moteur avant le début du Championnat du Monde, c'est parce que le tracé de l'Albert Park à Melbourne a la réputation de décimer le peloton.

«Mais attention, les abandons ici en Australie ne sont que rarement le fruit de casses moteurs! reprend, néanmoins, Pat Symonds, le directeur de l'ingénierie chez Renault. Disons plutôt que le pourcentage du tour parcouru à plein régime est peut-être parmi les plus élevés du calendrier mais que la plus longue période à pleine charge est parmi les plus courtes de la saison avec... Budapest.»

Où Fernando Alonso avait fait parler la poudre avec l'ancien moteur il y a six mois et demi. «Ce serait sym- pa de commencer la saison en décrochant une place sur le podium!» remarque le petit prodige d'Oviedo, que d'aucuns voient déjà comme le digne héritier de Michael Schumacher. «Il y a un an, j'arrivais à Melbourne sans trop de repères, au sortir d'une année passée à faire des essais. Aujourd'hui, je connais la voiture, le championnat et les pièges des différents circuits. A ce jour, notre avantage par rapport aux autres concurrents semble résider dans la fiabilité de notre moteur.»

Pour Alonso, c'est aussi la saison de la confirmation qui va débuter ce week-end à Melbourne. «Il doit confirmer qu'il a effectivement la pointure d'un grand pilote!» disait de lui il y a quelques jours Patrick Faure.

Nul doute que l'Espagnol en est le premier conscient.

Jarno Trulli, pour sa part, est tout aussi conscient qu'à côté de la guigne qui semble parfois s'acharner sur lui, il doit montrer à ses employeurs actuels qu'il est fort non seulement sur un tour, comme c'est le cas, mais aussi et surtout sur la durée d'un GP.

© Les Sports 2004