Formule 1

Le constructeur français a présenté sa saison 2016 en région parisienne.

Nous aurions pu titrer cet article "Tout ça pour ça’’. Pour son retour (ou plutôt renforcement de ses activités) en Formule 1 en tant qu’écurie à part entière, Renault a donné droit à une présentation en 45 minutes chrono pour présenter ses pilotes, son organigramme ainsi que la livrée de sa monoplace pour 2016.

Guère de décor mirobolant pour accueillir la presse venue du monde entier mais un auditorium situé dans le Technocentre du Losange à Guyancourt en région parisienne. Pas même un mot pour remercier le président de la FIA, Jean Todt, d’avoir fait le déplacement. On a déjà connu mieux comme lancement, d’autant plus que Renault reprend les rênes de son ancienne équipe basée à Enstone avant tout pour des raisons de marketing après son divorce consommé avec Red Bull.

"La Formule 1 est extrêmement populaire dans les marchés de pays émergents, marchés que nous voulons conquérir", a indiqué Carlos Ghosn, CEO de Renault-Nissan. "Elle peut être un bon placement, à condition d’avoir une chance de gagner. Cela explique pourquoi nous avons pris autant de temps avant de confirmer notre retour."

Renault Sport Formula One Team, comme l’indique son nom complet, a donc levé le voile sur la livrée de sa monoplace pour la saison à venir, baptisée R.E16 en écho à la première génération de Renault Turbo en F1 au début des années 80.

Très attendue, la livrée ne fait pas dans la nostalgie avec seulement quelques touches de la couleur jaune historique. C’est en effet une robe noire portant la griffe du responsable design de la marque Laurens Van der Acker qu’arboreront les monoplaces de Jolyon Palmer et de Kevin Magnussen qui revient en F1 après avoir débuté chez McLaren en 2014.

Le Danois ne vient pas les mains vides puisqu’il amène le spécialiste de prêt-à-porter Jack and Jones dans ses bagages. Last but not least, le jeune Français Esteban Ocon a été prêté par Mercedes pour occuper le poste de troisième pilote.

Au directoire de l’équipe, une seule tête nouvelle arrive à Enstone avec Frédéric Vasseur qui est nommé directeur de la compétition et accède enfin à la F1 après avoir fait les beaux jours d’ART Grand Prix dans les classes inférieures. Chez Renault, on a très bien compris que l’équipe dominatrice depuis deux ans construisait châssis et moteur en interne. Suffisant pour devenir l’étoile noire du paddock ? Première réponse lors des essais hivernaux à Barcelone le 23 février.

"McLaren ne voulait pas céder Vandoorne"

Avec le départ surprise de Pastor Maldonado, le Courtraisien Stoffel Vandoorne possédait une chance de rejoindre un top team avec Renault. Kevin Magnussen a pourtant décroché le gros lot alors que le Courtraisien sort d’une saison de tous les records en GP2. "Nous avons dû faire une croix sur Stoffel", nous a confié Fred Vasseur. "Vu qu’il est sous contrat avec McLaren, son équipe n’a pas voulu s’en séparer. Il nous fallait quelqu’un qui soit disponible. Notre choix s’est donc porté sur Kevin."

Magnussen: "Je reviens plus fort que jamais"

Poussé vers la sortie par McLaren au profit de Stoffel Vandoorne, Kevin Magnussen n’a pas attendu longtemps avant d’accepter l’offre de Renault pour prendre place dans le baquet de titulaire laissé vacant par Pastor Maldonado, lâché par ses sponsors.

Heureux d’être de retour aux affaires ?

"Il n’y a pas à dire ! C’est une opportunité inespérée qui s’est présentée avec Renault. Je suis hyper heureux et je vais en profiter à fond et tout faire pour avoir une collaboration fructueuse."

Quand ont débuté les contacts avec Renault ?

"C’est moi qui ai contacté Renault en premier pour savoir s’il y avait une possibilité chez eux. Et puis, Pastor Maldonado n’a pas été reconduit et tout est allé très vite. C’est seulement ce mardi que j’ai signé un contrat chez eux."

Qu’espérez-vous de cette première saison ?

"Monter sur le podium serait incroyable. Si Renault revient en tant qu’équipe 100 % usine, ce n’est pas pour faire de la figuration. Je n’ai aucun doute sur les capacités des gars à Viry-Châtillon et à Enstone qui disposent des compétences et des ressources nécessaires pour faire du bon travail."

Comment appréhendes-tu cette position de leader d’équipe vu que ton équipier Jolyon Palmer est un novice ?

"La pression sera là, mais j’utiliserai au maximum l’expérience accumulée chez McLaren pour guider au mieux Renault. Même s’il n’a jamais roulé en course, Jolyon Palmer sera également d’une aide précieuse vu son rôle de troisième pilote chez Lotus en 2015."

Es-tu nettement mieux mentalement que 12 mois plus tôt ?

"Assurément ! 2015 a été très difficile parce que je savais que je ne serais que réserviste pour McLaren. Je reviens donc en Formule 1 galvanisé et plus fort que jamais."