Hué sur le podium, l’Allemand a profité de son erreur

La touchette au 2e tour entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton est bien évidemment la principale histoire de ce GP de Belgique. Le fait de course principal décisif pour la victoire et peut-être - on espère que non - le tournant du championnat. Surpris au départ par Lewis Hamilton, mieux parti que lui, le poleman Nico Rosberg a dû attendre l’entame du 2e tour pour tenter de le réattaquer, en profitant de l’aspiration, au freinage des Combes. Mais LH a logiquement fermé la porte à l’intérieur.

Nico a tenté l’extérieur avant de se raviser et de lever (le moins possible) le pied pour se rabattre juste derrière son équipier. Une manœuvre ratée pour quelques centimètres, le pilote de la Mercedes N°6 cassant son aileron avant sur la roue arrière gauche de son équipier et rival. Une légère erreur d’appréciation dans un virage négocié à 150 km/h aux lourdes conséquences pour les deux pilotes. Un simple fait de course pour la FIA n’ayant même pas enquêté sur l’affaire qui n’en serait pas une si elle n’opposait deux équipiers en lutte pour le titre mondial.

Il faut en effet être britannique pour imaginer - voire affirmer pour certains - que Rosberg l’a fait exprès. L’Allemand a sans doute commis une petite faute ruinant un doublé garanti sur facture pour les Flèches d’Argent. On peut comprendre que cela ait pu énerver les dirigeants de la marque à l’étoile et Lewis Hamilton. Mais that’s racing. "C’est bien sûr très décevant pour le team. On méritait mieux qu’une deuxième place. On possédait la meilleure auto", confessait Rosberg Jr avant d’en venir à l’incident lui-même. "J’étais plus rapide que Lewis. Il a fermé l’intérieur et j’ai logiquement essayé de passer à l’extérieur." En commettant une erreur ? "Désolé mais je ne veux pas faire de commentaire à chaud. Ce ne serait pas fair-play. Je n’ai pas une vision d’ensemble. Laissez-moi d’abord revoir les images", expliquait un pilote honteusement hué sur son premier podium spadois. "Je respecte l’opinion d’un certain public même si cela ne m’a pas fait plaisir. Mais il ne s’agit que d’une minorité de supporters britanniques. Qu’ils relisent d’abord le code sportif. La majorité est heureuse, je pense, d’avoir assisté à un beau GP."

Ses patrons Toto Wolff et Niki Lauda lui ont aussi rejeté la faute : "On va en parler ensemble en interne pour tenter d’aplanir cela. Je suis confiant que, malgré la polémique que la presse va en faire, cela ne va pas envenimer les choses entre Lewis et moi." Était-il prêt à présenter ses excuses, même s’il ne l’a pas fait exprès : "On verra. Si je m’estime fautif, oui." Remonté à la 2e place après avoir changé son nez et sa stratégie, Nico Rosberg a empoché 18 points de plus qu’Hamilton. Mieux que s’il avait gagné devant son équipier. Son avantage est désormais porté à 29 unités, soit plus d’une victoire.