L’Allemand devance son équipier Hamilton et le champion Vettel

BARCELONE On attendait un match entre Red Bull et Ferrari arbitré par les Lotus. Mais sous le soleil catalan et devant des gradins nettement plus clairsemés que par le passé, ce sont les Mercedes qui ont mis tout le monde d’accord, Nico Rosberg signant sa 2 e pole position consécutive, la 3 e de sa carrière, 254 millièmes devant son équipier Lewis Hamilton.

“Je suis très content de mon tour (1.20.718, soit une seconde et demie de mieux que la pole 2012 de Maldonado) et très heureux de devancer Lewis, une référence dans cet exercice” , souriait le Leonardo di Caprio du paddock.

Mais, même si les statistiques vous diront que le vainqueur s’est élancé à vingt reprises de la 1re ligne sur les 22 dernières éditions de ce GP d’Espagne, les deux chefs étoilés se montraient très prudents à l’heure des pronostics. Il faut dire qu’à Bahreïn, la pole de l’Allemand s’était soldée par une 9e place finale… “Je suis nettement plus confiant qu’il y a trois semaines” , confiait cependant le fils de l’ancien champion du monde. “Pirelli a apporté des pneus durs plus résistants et on a aussi bien travaillé et compris ce qui nous était arrivé. Notre objectif n’est peut-être pas de gagner mais nous visons un podium.”

Satisfait d’offrir à Mercedes sa première ligne 100 % argentée de l’ère moderne, Lewis Hamilton ne fanfaronnait pas non plus. “Bravo à Nico pour son bon boulot. Honnêtement, je ne suis personnellement pas trop à l’aise depuis le début du week-end” , expliquait le Britannique. “On a pas mal de difficultés avec les pneus. Pour vraiment pouvoir viser la 1re place, on manque encore de rythme en course. Nos longs relais sont vraiment pauvres…”

Car une fois encore, dans la banlieue de Barcelone, c’est la dégradation, l’usure et la gestion des pneumatiques qui risque de décider de l’issue de ce 5e Grand Prix de la saison.

“Tout le monde souffre encore avec les gommes” , soulignait Vettel, 3e à trois dixièmes en une seule tentative en Q3 contre deux aux pilotes Lotus et Ferrari groupés derrière lui avec, dans l’ordre, Raikkonen, Alonso, Massa (avant d’être pénalisé de trois places pour avoir gêné Webber) et Grosjean. “Contrairement à certains de mes rivaux, j’ai économisé un train de pneus mediums neufs. Cela pourrait m’aider.”

Même si les Flèches d’Argent partiront devant, c’est de derrière que viendra certainement le principal danger pour le triple champion du monde et sa Red Bull. “Je suis relativement confiant même si Lotus et surtout Ferrari semblent très compétitifs avec les enveloppes les plus dures. Je m’attends à une âpre bataille.”

Avec les quatre leaders du Mondial aux trousses de Rosberg et le Matador sur son Cheval Cabré parmi les candidats au succès, la corrida de cet après-midi promet d’être endiablée. Avec deux Flèches devant et de sérieuses banderilles derrière, les taureaux rouges ont intérêt à aiguiser leurs cornes.



© La Dernière Heure 2013